Apres l’hôpital de Coney Island (sud-est) et le New York University Hospital (NYU, au sud de Manhattan), c’est l’hôpital Bellevue qui va être complètement évacué mercredi en raison de dégâts subis, a annoncé le maire de New York Michael Bloomberg. «Cela affectera environ 500 patients», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Quelque 200 malades – dont une vingtaine de nouveaux-nés – avaient été évacués du NYU lundi par une noria d’ambulances, en pleine nuit et alors que la tempête faisait encore rage.

Bellevue, situé dans l’est de Manhattan, dans un des secteurs sans électricité, fonctionnait depuis lundi soir sur générateurs.

«C’est peut-être la situation la plus compliquée que nous ayons eu à gérer à New York depuis 30 ans. En ce qui concerne les patients souffrant d’affections aiguës ou chroniques, c’est certainement plus compliqué que le 11 septembre», explique à l’AFP le Dr Carlos Cordon-Cardo, chef du département de pathologie de l’hôpital Mount Sinai, qui a accueilli une centaine de malades évacués d’autres hôpitaux.

«J’étais là le 11 septembre, raconte-t-il, il y avait des personnes avec des problèmes pulmonaires, des problèmes respiratoires mais il n’y avait pas tant de gens très, très malades, avec des besoins médicaux aigus, parce que malheureusement beaucoup étaient morts. Cette fois-ci, nous étions en présence d’une véritable urgence médicale».

Transferts de patients en état critique

Mount Sinai, situé dans l’Upper East side, un des quartiers de la ville où l’électricité n’a pas été coupée, a reçu dans la nuit de lundi à mardi 64 patients venus de NYU, amenés par des dizaines d’ambulances alors que la pluie et les vents violents avaient à peine diminué.

«Il y avait une demande importante pour transférer des patients en état critique. Nous avons accueilli de nombreux patients très malades qui n’avaient aucun dossier médical électronique, seulement quelques papiers à moitié trempés par la pluie».

Beaucoup des 650 membres du personnel de l’hôpital ont dormi dans des logements de fortune pour être à pied d’œuvre et continuer à répondre aux urgences.

«C’était extraordinaire de voir tous ces professionnels travailler ensemble dans l’harmonie, sans fermer l’œil ou dormant allongés sur des tables ou dans leur voiture dans le garage», souligne le Dr Cordon-Cardo.

Mercredi la situation dans les hôpitaux touchés par Sandy restait précaire.

«Nous évaluons l’étendue de l’impact de l’ouragan sur toutes nos installations de soin de recherche et d’éducation», indiquait un communiqué du NYU. Seule une partie du personnel a été appelé au travail mercredi et jeudi, précise le communiqué.

«L’hôpital de Coney Island et ses services d’urgence sont fermés jusqu’à nouvel ordre» en raison d’inondations et d’un manque de systèmes électriques de secours, a indiqué Evelyn Hernandez, directrice de la communication pour les hôpitaux de New York. L’hôpital a transféré quelque 200 patients à d’autres établissements et a demandé à certains patients non critiques de rentrer chez eux.

Pour le Dr Cordon-Cardo, une des clés du succès des opérations d’évacuation a été une préparation minutieuse en amont.

«Nous avons commencé à nous coordonner en fin de semaine. Nous avons installé des endroits pour dormir dans plusieurs salles de conférence. Les membres de notre personnel qui habitaient loin et qui prévoyaient d’avoir des problèmes pour rejoindre l’hôpital sont venus dès le dimanche. Quand l’ouragan est arrivé lundi l’équipe était fin prête».

«Notre travail n’est pas fini, nous devons surveiller toute une série de patients, nous continuons de travailler 24 heures sur 24», conclut-il.