L'ONU a indûment collecté et partagé des données sur plus de 800 000 réfugiés rohingyas au Bangladesh, qui les a ensuite données à la Birmanie, le pays qu'ils ont fui, accuse Human Rights Watch. L'ONG réclame une enquête.

Ces trois dernières années, le HCR, chargé des réfugiés à l'ONU, a collecté les données des Rohingyas réfugiés dans des camps pour que Dacca puisse leur fournir des papiers d'identité, indispensables pour avoir accès à l'aide humanitaire. Mais les réfugiés ignoraient que les autorités transmettaient des données sur eux au gouvernement birman en vue d'un possible rapatriement, affirme HRW.

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Le HCR rejette ces accusations, un porte-parole indiquant que l'agence onusienne «à des procédures très claires en place pour s'assurer de la sécurité des données que nous collectons quand nous enregistrons des réfugiés partout dans le monde».

Le volontariat remis en cause

L'ONG maintient toutefois que les réfugiés rohingyas ne savaient probablement pas que photographies d'identité, empreintes digitales et données biographiques pouvaient être partagées avec la Birmanie. Les procédures du HCR «ont exposé les réfugiés à des risques supplémentaires», accuse Lama Fakih, directrice du secteur crises et conflits chez HRW, qui a interviewé 24 réfugiés et parlé à d'autres spécialistes.

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La Birmanie s'est servi des données pour pré-approuver 42 000 Rohingyas à un retour dans le pays, qui ne les reconnaît pas comme citoyens, mais propose un statut administratif.

Le HCR a souligné qu'un retour ne serait que volontaire et souligne que le Bangladesh n'avait forcé aucun réfugié à retourner en Birmanie. Mais pour HRW, le risque a été créé parce que les noms des réfugiés sont sur une liste et que la Birmanie sait qu'ils sont au Bangladesh.