justice

Huis clos de fortunés

Son assignation à résidence coûtera très cher à Dominique Strauss-Kahn, qui doit aussi renoncer à toute vie privée

Les conditions émises par le juge Michael J. Obus sont drastiques – il fallait bien cela, pour ne pas totalement désavouer la juge Melissa Jackson, qui avait refusé l’assignation à résidence lors de la première audition de Dominique Strauss Kahn, lundi 15 mai. Les conditions sont d’abord financières. DSK doit payer comptant une caution de 1 million de dollars, et consentir une garantie-hypothèque de 5 millions sur la maison qu’Anne Sinclair possède à Washington dans le quartier de Georgetown. Techniquement, c’est un assureur qui avance ces sommes, prélevant au passage un pourcentage. Les avocats de DSK ont fait appel à une star de la caution juridique, Ira Judelson, qui s’est fait connaître en rendant ce genre de services à des grands noms du rap ou du football – «c’est moi qui libère les inculpés», explique-t-il dans la vidéo que le New York Times lui a consacrée en 2010.

200 000 dollars par mois

Le juge oblige aussi Dominique Strauss-Kahn à vivre sous surveillance rapprochée permanente, avec un bracelet de cheville électronique, des gardiens armés qui se relaieront 24 heures sur 24 à sa porte, et des caméras vidéo un peu partout. Ses conversations seront aussi écoutées. Très peu de personnes seront autorisées à lui rendre visite, et lui-même a interdiction de quitter son appartement, sauf dans certaines circonstances qui seront décidées par son service de protection armée, assuré par le cabinet Stroz Friedberg, qui avait déjà gardé de la même façon l’appartement du financier Bernard Madoff en 2008-2009. L’entreprise utilise pour ces services d’anciens agents fédéraux.

Ce luxe de précautions a un prix: entre le loyer de l’appartement – le projet de s’installer au Bristol Plaza a été annulé par la direction de l’immeuble qui ne veut pas de ce locataire – et la mise en place de cette surveillance humaine et électronique, la résidence surveillée de l’ancien directeur général du FMI coûterait selon les estimations près de 200 000 dollars par mois. Reste encore à ajouter les honoraires de ses avocats, des ténors du barreau.

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