Huit migrants, des Ethiopiens, sont morts et douze autres sont portés disparus après que des passeurs les ont éjectés d'un bateau au large des côtes de Djibouti, a déclaré à l'Agence France Presse (AFP) à Nairobi une porte-parole de l'Office international des migrations (OIM), une agence des Nations unies (ONU).

«Selon des témoins survivants, que l'OIM a secourus, trois passeurs ont violemment poussé des jeunes hommes et des jeunes femmes hors du bateau qui était alors en pleine mer» a dit cette porte-parole, Yvonne Ndege.

Ces migrants étaient des Ethiopiens tentant de regagner la Corne de l'Afrique après avoir échoué dans leur tentative de rejoindre l'Arabie saoudite via le Yémen à cause des fermetures de frontières imposées par la pandémie de Covid-19.

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Selon Yvonne Ndege, 34 migrants étaient à bord de ce navire qui se dirigeait vers Obock, une ville de transit importante à Djibouti pour les milliers d'Africains tentant de gagner le Golfe.

Un périple jusqu'à la Corne de l'Afrique

Au cours des trois dernières semaines, au moins 2000 migrants sont arrivés du Yémen à Djibouti, la plupart tentant d'entrer en Ethiopie, en Somalie ou dans d'autres pays de la Corne de l'Afrique, selon l'OIM. L'agence de l'ONU leur a fourni des soins médicaux, des tentes, de l'eau, de la nourriture et de l'assistance.

«Cette tragédie est un coup de semonce», a commenté Yvonne Ndege. «Des centaines de migrants quittent le Yémen quotidiennement pour tenter de rejoindre Djibouti. Ils mettent leur vie en jeu, risquent d'être exploités par des passeurs et, dans ce cas précis, tragiquement, en meurent.»

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En janvier 2019, au moins 58 migrants, des Ethiopiens pour la plupart, se sont noyés au cours du naufrage de deux bateaux qui les transportaient de Djibouti. Le détroit de Bab el-Mandeb, qui sépare Djibouti du Yémen, a cette particularité de donner lieu à un trafic de migrants et de réfugiés dans les deux sens, des Yéménites fuyant la guerre et des Africains allant tenter leur chance dans la péninsule arabique.