Sur la Toile

Les «Humains de New York» dénoncent Trump: la lettre est partagée plus d'un million de fois

La lettre d'un photographe new-yorkais très aimé aux Etats-Unis fait déjà partie des phénomènes du web social. Elle montre aussi l'intense débat que suscitent les succès électoraux du trublion populiste 

«Monsieur Trump,

J'essaie au maximum de ne pas être politique. J'ai refusé d'interviewer plusieurs de vos collègues candidats. Je ne veux pas donner l'impression de prendre parti. (...) Mais je réalise que l'heure est venue de s'opposer à la violence et aux préjugés. (...) Comme des millions d'Américains, j'en suis venu à comprendre que s'opposer à vous n'est plus une décision politique, c'est une décision morale». 

Ainsi commence la missive de Brandon Stanton publiée mercredi sur son site, l'immensément populaire «Humans of New York», qui collectionne les histoires personnelles de personnes rencontrées dans les rues de New York, suivi sur sa page Facebook par plus de 17 millions de personnes - excusez du peu.

Lire aussi: Les Humains de New York font vibrer toute la planète (29.09.2015)

«Celui qui est plein de haine, c'est vous»

«Je vous ai vu retweeter des images racistes, des mensonges racistes; je vous ai vu prendre 48 heures avant de désavouer les suprématistes blancs. Je vous ai vu allègrement encourager la violence, et promettre de payer les frais d'avocat de ceux qui commettraient des violences pour vous»... Sur un ton qu'il essaye le plus neutre possible, Brandon Stanton, photographe au départ, recense tout ce qui le choque chez le milliardaire populiste, très probable candidat des Républicains. Un ton qui contraste bien sûr avec les faits qu'il relate, et leur donne encore plus de relief: «Je vous ai vu défendre l'usage de la torture et le meurtre des familles de terroristes. Je vous ai vu comparer les réfugiés à des serpents (...) Je suis journaliste, Monsieur Trump, ces deux dernières années j'ai interviewé des centaines de musulmans en Iran, en Irak, au Pakistan... J'ai interviewé des centaines de Syriens et d'Irakiens - et je peux confirmer: celui qui est plein de haine, c'est vous.»

Plus d'un million de partages

La lettre est courte, son succès est phénoménal: partagée plus d'un million de fois en quelques heures, elle a suscité plus de deux millions de réactions sur Facebook. D'abord aux Etats-Unis: «S'il vous plaît, sachez que nous sommes bien plus nombreux à ne pas approuver les idées de Donald Trump qu'à les approuver». «Beaucoup d'entre nous ne font pas de généralités sur une communauté à partir des actes de quelques uns».

La lettre a ensuite franchi les frontières, diffusée et commentée au Pakistan, en Irak, dans ces pays où s'est rendu depuis deux ans Brandon Stanton, propulsé par le succès de ses histoires new-yorkaises, et qu'il défend contre Donald Trump. «Merci de rappeler que nous ne sommes pas des assassins et que l'islam est une religion d'amour». «Merci, nous avons peur quand nous entendons ce Trump.»

Les questions aussi suivent, des discussions: «OK alors pourquoi les chrétiens ne sont pas libres de pratiquer leur religion et de construire des églises au Pakistan»? a ainsi suscité des dizaines de réponses. 

Dans le flot des commentaires, celui-ci aussi: «Ne vous en faites pas, nous ne jugeons pas les Américains sur l'idiotie  de ce monsieur! C'est la même chose que lorsque nous, les Iraniens, avons subi pendant 8 ans l'humiliation d'être assimilés à notre imbécile d'ancien président Ahmadinejad!»

Brandon Stanton ne voulait pas faire de politique: il en fait au sens le plus noble du terme, il agite la cité. 

Publicité