La très conservatrice Cour suprême des Etats-Unis a enterré vendredi un arrêt qui, depuis près d’un demi-siècle, garantissait le droit des Américaines à avorter. De nombreux dirigeants et institutions ont immédiatement réagi.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a déclaré que la décision était une «erreur tragique» et le résultat d’une «idéologie extrémiste». «La santé et la vie des femmes de ce pays sont maintenant en danger», a martelé le démocrate dans une allocution solennelle dans la foulée de l’arrêt historique, déplorant un «triste jour» pour l’Amérique, qui fait figure «d’exception» dans le monde.

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Il a appelé à poursuivre le combat de manière «pacifique» et à défendre «dans les urnes» le droit à l’avortement et toutes les autres «libertés personnelles», à l’approche des législatives de mi-mandat qui s’annoncent difficiles pour son camp démocrate.

La principale organisation de planning familial a promis de continuer à «se battre» pour garantir l’accès à l’avortement, l’ancien président démocrate Barack Obama a dénoncé une «attaque contre les libertés fondamentales de millions d’Américaines».

«Une journée mémorable»

Mais l’ancien vice-président républicain Mike Pence, un fervent chrétien, a salué un arrêt qui «répare une erreur historique», tandis que le groupe d’opposants à l’avortement Pro-Life Campaign évoquait «une journée mémorable pour les droits humains».

«C’est la volonté de Dieu», a déclaré Donald Trump, interrogé par la chaîne Fox News sur son propre rôle, pour avoir nommé trois juges et fait ainsi franchement fait basculer la majorité de la haute juridiction dans le camp conservateur. Selon l’ancien président, la décision «suit la Constitution», et «ramène tout au niveau des Etats, ce qui aurait toujours dû être le cas».

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La décision des neuf juges «est un coup terrible porté aux droits humains des femmes et à l’égalité des genres», a déclaré pour sa part la Haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. «L’accès à l’avortement sûr, légal et efficace est fermement enraciné dans le droit humain international et il est au cœur de l’autonomie des femmes et de leur capacité à faire leurs propres choix», écrit Michelle Bachelet dans un communiqué, regrettant une décision «qui est un recul majeur».

«Les nouvelles en provenance des Etats-Unis sont horribles. Je suis de tout cœur avec les millions d’Américaines», a tweeté le premier ministre canadien Justin Trudeau, ajoutant qu'«aucun gouvernement, aucun politicien, ni aucun homme ne (devrait) dicter à une femme ce qu’elle peut faire ou ne pas faire avec son corps».

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