Avec sa veste de sport, ses jeans bien coupés et ses petits bracelets aux poignets, Ihor Terekhov soigne son look de maire branché. Les canons tonnent encore au loin, mais il rêve de relever Kharkiv de ses ruines et de transformer cette ville de 1,5 million d’habitants, avant la guerre, en pôle technologique futuriste. Ihor Terekhov voit grand et veut obtenir le soutien des investisseurs étrangers. Elu en octobre dernier avec 50,6% des voix, il a bénéficié de la popularité de son prédécesseur Hennadiy Kernes, décédé en décembre 2020 et dont il était l’adjoint. Le nom de son parti, Kharkiv réussit, résume son objectif: effacer les blessures de la guerre, reconstruire en mieux et attirer les investisseurs. Comme de nombreux habitants, il n’a pas affiché son opposition anti-russe. Certains, à Kiev, le lui ont reproché, mais il s’en défend: «J’œuvre concrètement pour le bien-être des habitants de Kharkiv. Pas besoin de hurler des slogans nationalistes», affirme Ihor Terekhov au Temps lors de cette interview menée dans l’abri antiatomique secret où il a pris ses quartiers.