Sur la place Tiananmen, à Pékin, les policiers sont armés d’extincteurs pour parer à d’éventuelles immolations par le feu, comme cela s’est déjà produit en octobre 2011. Aucune mesure n’est de trop pour garantir le respect de l’ordre, alors que s’ouvre le 18e congrès du Parti communiste qui doit avaliser les nouveaux dirigeants de la Chine (lire ci-dessus). Par ailleurs, selon Amnesty International, plus de 100 militants ont été arrêtés ces dernières semaines.

Symbole de la détresse

Pendant ce temps, à quelques milliers de kilomètres de là, dans les régions tibétaines, six individus se sont transformés en torches humaines en l’espace de quarante-huit heures en signe de protestation contre la répression chinoise, rapportent plusieurs sources. Jamais encore le geste, devenu un symbole de la détresse des Tibétains, n’avait pris de telles proportions. Trois moines adolescents dans la province du Sichuan se sont immolés par le feu, ainsi qu’une femme de 23 ans dans celle du Qinghai, et un homme au Tibet. Hier enfin, en marge d’une manifestation pour réclamer la liberté au Tibet, un jeune homme de 18 ans a mis fin à ses jours dans les flammes. Il est le 70e individu à commettre cet acte désespéré depuis 2009. Au moins trois d’entre eux sont morts. Au total, 54 personnes sont décédées des suites de leur acte.

En septembre, Lobsang Sangay – premier ministre du gouvernement tibétain en exil – et le dalaï-lama ont appelé les membres de leur communauté à cesser de s’immoler, tout en dénonçant la répression chinoise, qui pousse selon eux les Tibétains à commettre l’irréversible. Les autorités tibétaines espèrent que l’arrivée d’un nouveau dirigeant à Pékin augurera d’une reprise du dialogue avec Pékin. Mais depuis 2008, la répression dans les régions tibétaines n’a fait que s’intensifier, dans l’indifférence de la communauté internationale.