La délégation de M. Zelaya a considéré que le dialogue dans le cadre de la médiation était terminé. Le président du Costa Rica a toutefois demandé aux deux parties un nouveau délai de 72 heures pour des négociations plus «serrées».

A l’issue de cette seconde journée de médiation à San José, le chef de la délégation du chef de l’Etat de facto Roberto Micheletti, Carlos Lopez, a souligné que la clause du retour au pouvoir de M. Zelaya était «inacceptable». Il accepte en revanche les autres grands points de la proposition du prix Nobel de la paix 1987 pour résoudre la crise:gouvernement d’union nationale, et présidentielle anticipée.

Un peu plus tôt, le camp Micheletti avait clairement annoncé ses intentions en mentionnant que le retour au Honduras du président déchu ne pourrait se faire que pour lui laisser affronter la justice. Celle-ci le poursuit notamment pour «haute trahison».

La proposition du chef de l’Etat Costa Ricain, soutenue par la communauté internationale, implique que M. Zelaya «renonce expressément» à son projet de consultation par les urnes sur le projet de réforme de la Constitution, et donc à un mandat présidentiel supplémentaire.

Un retour impossible?

C’est pour empêcher cette consultation, prévue le 28 juin, que les militaires et le camp de M. Micheletti ont réagi en arrêtant M. Zelaya et en l’expulsant du pays. La Constitution du Honduras stipule que le président est élu pour un mandat unique.

M. Micheletti, qui n’a pas assisté à la deuxième session de la médiation, samedi et dimanche, a toujours rejeté d’emblée l’hypothèse d’un retour au pouvoir de M. Zelaya. Il avait écourté le premier rendez-vous de médiation chez M. Arias, le 9 juillet, en quittant San Jose avant le tête-à-tête prévu avec le président destitué, également absent ce week-end.

Mais à l’issue du dialogue de dimanche, M. Arias ne veut pas croire à un échec définitif. «Je veux prendre 72 heures pour continuer à travailler, cette fois d’une manière plus serrée, pour voir si nous pouvons réellement parvenir à un accord entre les parties en conflit» et pour éviter «une guerre civile et un bain de sang», a-t-il déclaré.

L’Organisation des Etats américains (OEA) va «accentuer la pression» sur le gouvernement de facto, a indiqué dimanche soir son secrétaire général, Jose Miguel Insulza. Dans un communiqué, le département d’Etat américain a de son côté exhorté toutes les parties aux négociations à «réfléchir aux progrès effectués jusqu’à présent et à s’engager en vue de leur réussite».

Les pros Zelaya ripostent

Au Honduras, les partisans de M. Zelaya ont décidé d’intensifier les manifestations et blocages de route et de lancer un mot d’ordre de grève pour jeudi et vendredi.

Depuis Managua, M. Zelaya a déclaré dimanche avoir commencé à «organiser la résistance interne» en vue de son retour.

Il avait tenté en vain de revenir au Honduras par avion le 5 juillet, mais n’avait pu se poser sur la piste rendue impraticable par les militaires. Deux de ses partisans avaient été abattus en tentant de franchir les clôtures de l’aéroport.

Le coup d’Etat du 28 juin a isolé le Honduras, pays pauvre de près de huit millions d’habitants, auquel les Etats-Unis et les organismes financiers internationaux ont suspendu leur aide.

Elu fin 2005 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, M. Zelaya, magnat de l’industrie du bois et élu sous la bannière d’un parti libéral, s’est rapproché de la gauche radicale incarnée dans la région par le président vénézuélien Hugo Chavez.