L’exposition permanente rend hommage aux victimes de la répression brutale du soulèvement étudiant en faveur de la démocratie, les 3 et 4 juin 1989 dans la capitale.

Ailleurs en Chine, toute référence à cet événement qui a fait plus de mille morts, sans compter ceux de province, est interdite. De nombreux Chinois ignorent ainsi toujours ces journées sombres. Le pouvoir communiste n’a jamais publié de bilan.

L’inauguration de ce premier musée chinois dédié à Tiananmen a été perturbée par une manifestation d’une dizaine de militants pro-chinois qui criaient aux «traîtres», en désignant l’Alliance fondatrice du musée.

L’Alliance de soutien des mouvements patriotiques et démocratiques de Chine (Alliance in Support of Patriotic Democratic Movements of China), organisatrice de ces commémorations, est également à l’origine de la veillée annuelle dédiée à ces événements tragiques, le 4 juin, à laquelle participent des dizaines de milliers de personnes.

Lectures de l’Histoire

«Ils oublient le massacre de Nankin et ne parlent que du 4 juin», criait un manifestant, en référence à cet événement de la Deuxième guerre mondiale où l’armée japonaise a massacré, selon Pékin, plus de 300’000 Chinois.

Se revendiquant du «Groupe 6.4 de la Vérité» (6.4 pour 4 juin), ces militants pro-chinois accusent l’Alliance de faire une présentation biaisée de cette «rébellion contre-révolutionnaire», et rappellent que des soldats chinois ont également été tués lors des affrontements avec les étudiants à Tiananmen.

Cette manifestation n’a toutefois pas pu empêcher une foule de visiteurs, dont beaucoup venaient de Chine continentale, de se masser aux portes du musée pour le visiter.

Debout face au tank

Le mémorial de 75 mètres carrés, situé dans le quartier commercial de East Tsim Sha Tsui, présente des photos des manifestations et de la répression armée qui a suivi, incluant l’image mondialement célèbre d’un manifestant défiant, debout et tout seul, un char de l’armée chinoise.

Il expose également une statue de deux mètres de haut représentant la Déesse de la Démocratie, semblable à celle qui avait été érigée il y a 25 ans sur la place Tiananmen.