«Pour l’inceste, nous souhaitons le seuil de 18 ans. Personne ne pourra dire: si la victime a 17 ans, elle était ou il était d’accord», a déclaré le ministre français de la Justice Eric Dupont-Moretti dans le «Grand jury LCI/RTL/Le Figaro» ce dimanche.

Ces propos font écho à une tribune parue vendredi dans Le Parisien Weekend, signée par 162 personnalités du monde artistique qui ont appelé à protéger les enfants des crimes sexuels, les qualifiant de «crime de masse».

L'appel s'inscrit dans un contexte de libération de la parole autour de ce phénomène tabou, un mouvement #Metooinceste qui s'est emballé à la suite de la publication du livre La Familia Grande dans lequel Camille Kouchner révèle les abus perpétrés sur son frère par Olivier Duhamel. 

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«Nous qui voulons que des lois fermes dissuadent ces actes inacceptables, nous tous, qui signons aujourd’hui cette pétition, vous demandons que ce seuil de non-consentement soit fixé à 15 ans, 18 en cas d’inceste», déclare le texte, écrit par Tristane Banon et signé notamment par Juliette Binoche, Isabelle Carré, Guillaume Gallienne ou Patrice Leconte.

Le gouvernement s’est dit mardi «favorable» à ce que tout acte de pénétration sexuelle commis par un majeur sur un mineur de moins de 15 ans constitue désormais automatiquement un crime, sans qu’il soit possible d’interroger le consentement de la victime. Interrogé sur l’entrée en vigueur du texte, Eric Dupond-Moretti a évoqué le mois d’avril.

Absence de consensus sur la prescription

Concernant la question de la prescription - le délai au-delà duquel on ne peut plus juger les faits - le ministre a souligné l’absence de consensus. «Certaines victimes ont besoin de la date butoir au-delà de laquelle plus rien n’est possible pour se décider. Le mécanisme est: il reste encore deux mois avant la prescription, je me lance, je vais me libérer de ce poids insupportable, et il y aura un procès», a-t-il déclaré. «D’autres victimes disent, moi je souhaite me libérer mais je ne veux pas de procès et j’attends que la prescription soit acquise».

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Eric Dupond-Moretti souhaite «une prescription graduée, échelonnée». «Vous avez quatre affaires prescrites, commises par le même auteur, donc quatre victimes qui n’auront pas droit à la justice, puis une autre affaire commise par le même auteur qui n’est pas prescrite. Je souhaite que les cinq affaires soient jugées, que les quatre victimes qui n’avaient droit à rien soient reconnues par la justice».