Election

Les indécis pèseront très lourd sur le scrutin

66% des Français seulement sont certains d’aller voter le 23 avril. Ils sont la clé du scrutin

Qu’ont retenu les 9,8 millions de téléspectateurs qui ont regardé, lundi soir, la première confrontation télévisée entre les cinq favoris du marathon élyséen?

La question est d’autant plus importante qu’une bonne part des 44,6 millions d’électeurs français demeurent indécis sur leur vote à venir. Selon un sondage Sopra-Steria du 14 mars, 66% seulement de ceux-ci sont certains d’aller voter. Un pourcentage variable selon les âges: 57% des moins de 35 ans savent qu’ils se rendront aux urnes et 49% seulement des Français sans affinités politiques particulières ont déjà décidé de faire ce geste civique. Le taux de participation au second tour de la présidentielle de 2012 s’était élevé à 80,1%.

Le principal enseignement de l’enquête de Sopra-Steria était, à la mi-mars, le dilemne électoral de François Fillon, dont plusieurs sondages ont confirmé le net décrochage derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron (jusqu’à dix points de différence) pour le premier tour de scrutin. Si 70% des supporters de son parti «Les Républicains» affirment qu’ils iront voter pour lui, 54% des Français interrogés répondaient «ne pas aimer du tout sa personnalité», conséquence évidente de ses ennuis judiciaires et de ses passes d’armes avec juges et médias. 53% des sondés avaient la même opinion de Marine Le Pen, dont seulement 20% des Français disaient souhaiter la victoire. Seule anomalie dans ce tableau pessimiste: la bonne réputation d’Emmanuel Macron dont la personnalité déplaît à seulement 28% des sondés

Cette indécision des électeurs se doublait, avant le débat télévisé de lundi, d’une frustration face aux thèmes politiques évoqués durant la campagne. A la mi-mars, 78% des Français estimaient que le débat politique hexagonal est en train de s’appauvrir… tout en continuant à 80% de s’intéresser à la politique. La désaffection est donc à la hauteur de l’engouement pour cette campagne imprévisible, particulièrement forte chez les plus de 65 ans (85%) et chez les citoyens les mieux éduqués (81%).

Parmi les thèmes qui divisent, et qui pourraient donc fracturer l’opinion française à l’heure du choix électoral se trouve la Sécurité Sociale à laquelle 78% des Français se disent attachés. Ce qui explique très largement la décision de François Fillon de ne plus revenir sur la réforme aux forceps de l’assurance maladie qu’il proposait initialement. Autre référence: le revenu universel proposé (et modifié au fil de sa campagne) par le candidat socialiste Benoît Hamon ne recueille dans les sondages qu’environ 60% d’opinions favorables. Environ 65% des Français se disent enfin attachés à l’euro. Le tiers de l’opinion restant penche logiquement… pour Marine Le Pen.

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