La police a évacué mardi matin le campement emblématique des «indignés» à la Puerta del Sol et un autre campement du centre de Madrid. Les «indignés» ont eux dénoncé une opération destinée «à nettoyer la place» pour la visite du pape du 18 au 21 août.

«Tout s’est déroulé de façon pacifique et il n’y a eu ni blessé ni arrestation», a dit à l’AFP un porte-parole de la police, précisant que l’opération, qui a également visé le campement de l’avenue du Prado, a débuté à 6 heures du matin et duré trois heures.

De nombreux policiers étaient toujours présents en fin de matinée sur la Puerta del Sol où est né le mouvement des «indignés», très populaire dans le pays et au-delà, qui dénonce un chômage espagnol record et la corruption.

Certains membres isolés du mouvement étaient toujours présents sur la place que les employés municipaux finissaient de nettoyer, dénonçant cette opération contre un «mouvement pacifiste», a constaté un journaliste de l’AFP sur place.

Suggestion lancée

«Ils ont détruit le point d’information, les tentes et tout ce qu’il y avait. Ils ont tout mis à la poubelle alors que nous avions déjà dit que nous ne voulions maintenir que le point d’information», s’est emporté Juan Plaza, 39 ans, qui soutient le mouvement depuis le début.

«La seule raison de tout ça, c’est la venue du pape. Ils veulent que tout soit propre», a renchéri Jorge Gaïnza Franciscane, un employé de l’assistance sociale.

Mais ce mouvement «va se poursuivre et grandir» car, selon lui, «ce gouvernement n’a rien fait pour les citoyens depuis le début» de la crise, a-t-il assuré.

A ses côtés, Miguel Angel Valencia, un fonctionnaire de 39 ans, «s’indigne» aussi «parce que l’Etat ne devrait pas payer la visite du pape avec notre argent».

Mesure lancée récemment

Né à la mi-mai autour d’un même ras-le-bol, rassemblant jeunes, chômeurs, salariés ou retraités, le mouvement, relayé par les réseaux sociaux et soutenu par l’opinion publique, a réuni jusqu’à 200 000 manifestants le 12 juin et a essaimé en Europe.

Samedi, un camp d’«indignés» qui campaient depuis deux mois au centre d’Athènes a été évacué par la police.

Le 26 juillet, un groupe d’une cinquantaine d’«indignés» espagnols a quitté Madrid à pied pour Bruxelles.