Catastrophe naturelle

En Indonésie, le bilan du tsunami augmente, à 373 morts

Les opérations de secours, à la recherche de survivants, devraient durer une semaine. Les autorités craignent que le nombre de victimes continue d'augmenter

Les secouristes indonésiens s'efforçaient dans la fébrilité lundi de retrouver des survivants du tsunami, alors que les experts mettent en garde contre le risque de déferlement de nouvelles vagues mortelles dues à l'activité volcanique.

Le tsunami a frappé soudainement samedi soir les rives du détroit de la Sonde qui sépare les îles de Sumatra et de Java. La catastrophe a fait 373 morts, plus de 1400 blessés et 128 disparus, selon un nouveau bilan présenté lundi. Un précédent état des lieux recensait 222 morts. «Le nombre de victimes va continuer à augmenter», a prédit Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l'Agence nationale de gestion des catastrophes.

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Des équipes de secouristes munis d'excavatrices et d'autres équipements lourds tentaient de dégager les débris sur les rives dévastées du détroit, où des milliers de personnes ont été évacuées. «L'armée et la police passent les ruines au peigne fin pour voir s'il y a d'autres victimes», a expliqué Dody Ruswandi, haut responsable de l'Agence. Les opérations de secours devraient durer une semaine.

La vague a touché les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de Java, rasant des centaines de bâtiments. Elle est survenue après l'éruption du volcan connu comme «l'enfant» du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa. Le tsunami a laissé derrière lui un paysage de désolation, entre les arbres déracinés, toits arrachés, morceaux de bois et détritus divers. La plage de Carita, destination touristique courue de la côte occidentale de Java, est jonchée de débris.

Un volcan déstabilisé faisant courir des risques de répliques

Le président indonésien Joko Widodo est attendu dans les zones dévastées lundi, moins de trois mois après qu'un tsunami consécutif à un séisme eut fait des milliers de morts à Palu et sa région, dans l'île des Célèbes.

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L'Indonésie, archipel de 17 000 îles et îlots qui s'est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique et d'éruptions volcaniques. Elle compte 127 volcans actifs. Les tsunamis déclenchés par les éruptions volcaniques, qui provoquent un déplacement d'eau, sont relativement rares.

Mais les spécialistes estiment que l'épisode de samedi est dû à l'effondrement sous-marin d'une partie de l'Anak Krakatoa, et préviennent que ce phénomène peut se reproduire à présent que le volcan est déstabilisé.

«Le risque de tsunami dans le détroit de la Sonde restera élevé tant que le volcan sera dans sa phase d'activité actuelle parce qu'il est susceptible de déclencher d'autres glissements de terrain sous-marins», prévient ainsi Richard Teeuw, de l'Université de Portsmouth en Angleterre. «Il faut être conscient que maintenant le volcan est déstabilisé», explique Jacques-Marie Bardintzeff, professeur à l'Université Paris-Sud.

«Une petite fenêtre de tir pour évacuer les gens et nettoyer»

L'Anak s'était formé aux alentours de 1928 dans la caldeira du célèbre Krakatoa, qui avait connu en 1883 un épisode catastrophique dans lequel 36 000 personnes avaient péri. Une immense colonne de fumée, de pierres et cendres s'était dressée dans le ciel à 20 km de hauteur, plongeant la région dans l'obscurité et déclenchant un puissant tsunami.

A la différence des tsunamis provoqués par les tremblements de terre et qui enclenchent les systèmes d'alertes, les vagues «volcaniques» ne laissent que très peu de temps aux autorités pour prévenir les gens. La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a estimé que les «puissantes vagues» avaient atteint entre 30 et 90 centimètres de haut.

«C'est arrivé si vite», a raconté Ade Junaedi, un survivant. «Je parlais avec un hôte chez nous quand ma femme a ouvert la porte en hurlant, paniquée. J'ai cru à un feu mais en allant vers la porte, j'ai vu l'eau arriver.»

Oxfam et d'autres organisations internationales ont annoncé leur aide tandis que les secouristes indonésiens évacuaient les blessés et installaient des bâches pour abriter les survivants.

«Il pleut déjà énormément, les vents sont forts, nous n'avons qu'une petite fenêtre de tir pour évacuer les gens et nettoyer», a dit Basuki Hadimuljono, ministre indonésien des Travaux publics.

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