Nombre de commentateurs craignent un glissement croissant vers le fondamentalisme. Le parlement indonésien a approuvé, mardi, des amendements législatifs interdisant les relations sexuelles avant le mariage et apportant d'autres modifications importantes au code pénal du pays. Le vice-président du parlement, Sufmi Dasco Ahmad, a déclaré approuvé ce texte qui a reçu la majorité des voix en séance plénière.

«Nous avons fait de notre mieux pour tenir compte des questions importantes et des différentes opinions qui ont été débattues. Cependant, il est temps pour nous de prendre une décision historique sur l'amendement du code pénal, et de laisser derrière nous le code pénal colonial dont nous avons hérité», a déclaré devant le parlement le ministre de la Justice, Yasonna Laoly.

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L'actuel code pénal indonésien remonte à l'époque coloniale néerlandaise, et sa révision est en débat depuis des décennies.

Des amendements dénoncés par les défenseurs des droits

Le projet a suscité l'indignation des groupes de défense des droits humains, qui dénoncent une atteinte aux libertés civiles et une évolution vers le fondamentalisme dans le pays à majorité musulmane le plus peuplé du monde, longtemps salué pour sa tolérance religieuse -la laïcité étant inscrite dans sa Constitution.

Parmi les articles les plus controversés du code nouvellement adopté, figurent la criminalisation des relations sexuelles extramaritales et de la cohabitation des couples non mariés. Ces règles pourraient également, selon les organisations de défense des droits humains, avoir un impact majeur sur la communauté LGBTQ en Indonésie, où le mariage homosexuel n'est pas autorisé.

Le porte-parole du comité chargé du projet, Albert Aries, a défendu les amendements avant le vote, affirmant que la loi protégera l'institution du mariage. Il a ajouté que les actes sexuels pré-maritaux et extra-maritaux ne pourront être signalés que par le conjoint, les parents ou les enfants, ce qui limite de facto la portée du texte. Mais les détracteurs de la nouvelle loi l'ont dénoncée comme instituant une atteinte à la liberté des moeurs.

«Nous reculons... Les lois répressives auraient dû être abolies. Mais le projet de loi montre que les arguments des universitaires étrangers sont vrais, que notre démocratie est indiscutablement en déclin», a déclaré à l'AFP Usman Hamid, directeur d'Amnesty International Indonésie.