2000 manifestants prenant d’assaut l’ambassade américaine du Caire et brûlant le drapeau américain. Des dizaines d’hommes armés appartenant à une milice islamiste, Ansar al Sharia, qui attaquent le consulat américain de Benghazi en Libye à coups de grenades lancées par des roquettes. Un agent du Département d’Etat américain tué dans l’aventure et dont la mort est confirmée par la cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton. Le film Innocence des musulmans, qui dépeint le prophète Mahomet en coureur de jupons, pédophile et homosexuel, a suscité une vague d’indignation qui ne va pas sans rappeler l’épisode des caricatures de Mahomet qui avaient enflammé le monde musulman.

Le film, dont un extrait est disponible sur Internet, a été réalisé, explique le Wall Street Journal (WSJ), par un promoteur immobilier israélo-américain, Sam Bacile. Ce dernier, dans une déclaration au quotidien américain, relève qu’il s’agit «d’une production américaine qui ne vise pas à attaquer les musulmans, mais à montrer l’idéologie destructrice de l’Islam. […] Le film révèle par ailleurs, dans un ton satirique, la vie de Mahomet.» Dans une conversation téléphonique avec le WSJ, Sam Bacile précise: «Ce film est politique et non religieux.»

Le cinéaste et producteur Sam Bacile, 52 ans, originaire de Californie, a récolté 5 millions de dollars pour réaliser son film grâce à une centaine de donateurs juifs qui souhaitent rester anonymes. Selon le Wall Street Journal, Sam Bacile a mis trois mois à produire le film de deux heures avec 60 acteurs et 45 collaborateurs.

Innocence des musulmans a par ailleurs été promu par le pasteur intégriste chrétien de Floride, Terry Jones, qui s’est déjà fait remarquer pour avoir brûlé des Corans. Le film tel qu’il est révélé par la bande-annonce est plus provocateur encore que les caricatures de Mahomet. Les événements du Caire et de Benghazi pourraient n’être qu’un début. Le Département d’Etat américain se refusait hier soir encore à faire un lien direct entre le film et les violences de lundi. L’ambassade américaine du Caire a pour sa part fait savoir que la diffusion du film relevait de la liberté d’expression garantie par le premier amendement de la Constitution américaine, mais qu’en l’occurrence, ce droit avait été bafoué.