Les sauveteurs grecs ont retrouvé vivante dimanche après-midi l'une de deux personnes portées disparues au cours des inondations meurtrières provoquées par une tempête sur l'île d'Eubée, près d'Athènes. Cinq personnes, dont un bébé de huit mois, ont péri lors de ces inondations, selon les autorités. «Une femme a été retrouvée vivante, les sauveteurs sont en train de rechercher le second disparu, un homme», a indiqué à l'AFP un porte-parole des pompiers, sans donner plus de détails.

Selon l'Agence de presse grecque Ana, la femme a été repérée par un hélicoptère près du village de Bourtzi. Après avoir quitté sa maison inondée, elle a été entraînée par des courants d'eau violents qui ont envahi les routes du village. Deux des cinq morts de la tempête, une femme et un homme, de 73 ans et 74 ans respectivement, ont également été tués à Bourtzi, selon l'Ana. Dans le village voisin, Politika, l'épicentre des inondations, deux octogénaires et un bébé de huit mois ont péri, selon les pompiers.

Des centaines de maisons ont été inondées après des pluies torrentielles dans la nuit de samedi à dimanche dans les villages de Politika, Psahna, Bourtzi et Lefkanti, dans l'ouest de l'Eubée, lieux de vacances de nombreux Athéniens. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a exprimé sur Twitter «sa douleur profonde pour la perte de ses concitoyens» et a annoncé qu'il se rendrait lundi en Eubée.

Réseau routier endommagé

Le réseau routier a été endommagé: des routes ont été coupées par la boue, et les gravats transportés par des torrents débordés. «Tout s'est passé soudainement (...) plus de 350 mm de pluie sont tombés en six heures, c'est un désastre», a indiqué Nikos Hardalias, secrétaire d'Etat à la Protection civile, qui s'est rendu dimanche matin à Politika. Il a souligné que les phénomènes météorologiques deviennent «de plus en plus difficiles en raison du changement climatique». Depuis samedi, la tempête Thalia, accompagnée de pluies diluviennes, a touché de nombreuses régions en Grèce continentale. Le temps s'améliore dimanche, selon la météo.

«J'ai 51 ans, c'est la première fois que j'ai vu une chose pareille», a déclaré à l'AFP Manos Anastasiou, employé d'un hôtel à Politika. «Le ciel s'est assombri et il a plu de 23H00 samedi (22h00 suisses) jusqu'à sept heures dimanche matin (06h00)», a-t-il ajouté. De nombreux rez-de-chaussée ont été inondés et des familles ont dû monter avec leurs enfants sur les terrasses de leurs maisons, selon des médias. «Nous vivons des moments cauchemardesques, tous les moyens ont été mobilisés», a indiqué à l'agence Ana Fanis Spanos, le préfet du centre de la Grèce.

Les autorités ont mobilisé plus d'une centaine de pompiers et deux hélicoptères. La police portuaire participe aussi aux opérations de sauvetage.

Les feux et les inondations

«L'année dernière nous avons eu les feux, cette année les inondations», a déploré sur la chaîne publique Ert une habitante de Psahna. Ces dernières années, des incendies avaient endommagé des maisons et dévasté une vaste zone forestière sur l'île, sans faire de victime.

Les inondations à la suite de tempêtes sont fréquentes en Grèce en raison du manque de contrôles dans la construction et l'aménagement du territoire.

En novembre 2017, des inondations catastrophiques avaient tué 24 personnes à Mandra, un village situé dans une zone industrielle à 30 km à l'ouest d'Athènes. Des torrents de boue avaient dévasté un millier de bâtiments, logements, magasins et entrepôts.