L’image est à la fois gracieuse et bouleversante. Dans la province turque d’Hatay, frontalière à la Syrie, Munzir et son fils Mustapha partagent un moment fort de complicité. Le père du petit garçon a perdu une jambe à cause d’un bombardement au marché d’Idlib, en Syrie pendant la guerre. Son jeune fils souffre, lui, du syndrome tetra-amélie et vit sans jambes, ni bras depuis sa naissance. «Cette maladie congénitale a été causée par les médicaments que sa mère Zeynep a dû prendre après avoir été malade à cause des gaz neurotoxiques libérés pendant la guerre en Syrie», apprend-on sur le site du concours.

Saisi par le photojournaliste turc Mehmet Aslan en avril dernier, le cliché intitulé «L’Epreuve de la vie» a remporté samedi le premier prix du concours photographique de Sienne. «[…] Cette scène de complicité illustre l’horreur. Elle montre l’un des aspects les plus catastrophiques de la guerre en Syrie. C’est l’une des conséquences bien visibles de cette tragédie qui n’est d’ailleurs pas terminée», raconte à France Info le photographe turc.

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Prothèses électroniques

Pour le photographe, il s’agissait de sensibiliser et de venir en aide au petit Mustafa et sa famille. En effet, le petit garçon aura besoin, pour évoluer, de prothèses électroniques spéciales pas encore disponibles en Turquie. «La photo a touché le monde entier… Nous avons essayé pendant des années de faire entendre notre voix à qui voulait bien nous écouter, pour l’aider dans son traitement. Nous donnerions tout pour qu’il ait une vie meilleure», affirme la mère, Zeynep, au Washington Post.

L’image sélectionnée parmi des milliers de clichés de photographes de plus de 160 pays est exposée à Sienne depuis le 23 octobre et le sera jusqu'au 5 décembre dans le cadre du festival international d’arts visuels.