On attendait une « déclaration solennelle », ce fut un bug. Le discours de Ségolène Royal sur les fraudes au Parti socialiste est resté inaccessible, mardi, alors qu’il devait être diffusé sur son site entre 17 et 18 heures. Son équipe a invoqué un contretemps – « madame Royal a enregistré tard » – mais la vidéo est restée désespérément indisponible.

L’ex-candidate à la présidentielle est ensuite intervenue, à 20 heures sur TF1, pour « demander la vérité » sur d’éventuelles tricheries lors du scrutin qui lui a coûté la direction du parti, en novembre 2008. Mais le mal est fait : l’amateurisme de sa prestation Internet – la nouvelle version de son site a été réalisée par son compagnon, André Hadjez, homme d’affaires et éditeur de jeu de société – conforte les critiques de ceux qui ne lui voient aucun avenir, à l’intérieur ou à l’extérieur du PS.

Au sein du parti, la plupart de ses alliés de poids l’ont abandonnée durant l’été. Aucun n’a partagé son indignation lorsque les accusations de fraudes ont ressurgi la semaine dernière dans un livre (»Hold-ups, arnaques et trahisons», éditions du Moment).

On y apprend d’ailleurs que le principal communiquant de l’Elysée, Franck Louvrier, juge sévèrement ses interventions : « La politique, c’est de la microchirurgie, pas du bazooka. Et ça, elle ne l’a toujours pas compris. » Ségolène Royal tentera de rebondir samedi, à Montpellier, lors de la seconde édition de sa « fête de la fraternité ».