Affalé dans un fauteuil sur la terrasse de sa fastueuse villa de Karachi, Hasan plaisante avec ses amis, sirotant tranquillement un verre de scotch. Un léger geste du poignet, et un serviteur accourt pour y ajouter un glaçon. «Beaucoup de gens de notre milieu pourraient vivre en Europe ou aux Etats-Unis. Mais ce serait renoncer à ce confort. Grâce à mes serviteurs, j’ai le temps de me concentrer sur mon travail sans renoncer à mes loisirs.» Héritier de l’une des familles les plus riches et influentes du pays, Hasan n’a jamais eu à se soucier de son avenir. Il admet «être né avec une cuillère en or dans la bouche» mais affirme ne devoir sa réussite qu’à lui-même. «Ma famille a tout perdu avec l’arrivée au pouvoir du général Zia en 1977. Mon père a été emprisonné et tous ses biens confisqués. J’ai dû repartir de zéro.» De zéro, mais avec un patronyme qui lui ouvre toutes les portes pour se rebâtir en quelques années un véritable empire industriel et épouser une riche héritière.