Le vainqueur de l’élection présidentielle ukrainienne, Viktor Ianoukovitch, est devenu jeudi le quatrième président de ce pays depuis son indépendance en 1991 et promis d’emblée que Kiev adopterait une posture neutre sur la scène internationale.

«Moi, Viktor Ianoukovitch, élu président de l’Ukraine par la volonté du peuple (...), fais serment de fidélité à l’Ukraine», a-t-il déclaré lors d’une cérémonie au Parlement, la main droite posée sur la Constitution et l’une des plus anciennes éditions ukrainiennes de l’Evangile, datant du 16e siècle. «Je m’engage à défendre par tous mes actes la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine» ainsi que «les droits et libertés des citoyens» et à «renforcer l’autorité de l’Ukraine dans le monde», a-t-il poursuivi.

Dans son discours d’investiture, M. Ianoukovitch a déclaré que son pays devait être un «Etat européen non aligné», suggérant ainsi qu’il ne chercherait à s’allier ni à la Russie, ni à l’Occident, pouvoirs entre lesquels l’Ukraine a souvent balancé dans le passé. «Les défis auxquels fait face la communauté internationale imposent de s’unir dans le format le plus large (...) Nous sommes prêts à participer à ces processus en tant qu’Etat européen non aligné», a-t-il dit.

Cette profession de foi de M. Ianoukovitch, qui est jugé proche de Moscou, contraste avec celle de son prédécesseur Viktor Iouchtchenko. Celui-ci plaidait en faveur d’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan, ce qui déplaisait souverainement à la Russie.

«Etant un pont entre l’Est et l’Ouest, une partie intégrante de l’Europe et de l’ex-URSS à la fois, l’Ukraine choisira une politique extérieure» qui lui permettra de bénéficier «de relations d’égal à égal et mutuellement profitables avec la Fédération russe, l’Union européenne et les Etats-Unis», a-t-il souligné.

Viktor Ianoukovitch, 59 ans, succède au pro-occidental Viktor Iouchtchenko, qui cinq ans plus tôt l’avait privé de la magistrature suprême. Sa «victoire» électorale, qui était alors ouvertement soutenue par le Kremlin, avait été annulée pour fraudes sous la pression d’un soulèvement populaire pacifique et pro-occidental, baptisé Révolution orange.

Viktor Iouchtchenko et le Premier ministre Ioulia Timochenko, perdante de la présidentielle qui refuse de reconnaître sa défaite, ont snobé la cérémonie d’investiture, à laquelle ont assisté de nombreux leaders étrangers.