«Après l’élection, les mensonges commencent à se révéler», a-t-elle lancé lors d’un Conseil des ministres, selon des images retransmises par la télévision. Le premier ministre dont la première déclaration publique était très attendue depuis sa défaite, commentait le vote au Parlement d’un projet de loi destiné à augmenter les «normes sociales» en Ukraine.

Mme Timochenko a relevé que ce texte n’a pas été soutenu par le parti de M. Ianoukovitch, bien que celui-ci ait promis pendant sa campagne de tout mettre en œuvre pour augmenter le niveau de vie des Ukrainiens. «Aujourd’hui, il est clair que l’équipe de Ianoukovitch n’a pas l’intention d’augmenter les normes sociales. C’était de la com!», a-t-elle lancé. «Les gens doivent prendre cela en compte pour définir leurs préférences politiques pour l’avenir», a-t-elle poursuivi.

Elle n’a fait aucune autre allusion à l’élection présidentielle et aucune déclaration sur ses intentions en cette période post-électorale, alors que le pays attend impatiemment de savoir si elle entend se lancer dans une nouvelle bataille pour contester les résultats du scrutin. Dans ce cas, l’Ukraine aurait du mal à échapper à une nouvelle période d’instabilité politique.

Election jugée «honnête»

La dernière apparition publique de Mme Timochenko remontait à dimanche soir: commentant les sondages des sorties des bureaux de vote, elle avait alors affirmé que rien n’était joué. Depuis, son état-major électoral a indiqué qu’il préparait des plaintes devant les tribunaux pour contester le résultat du vote. Selon les résultats préliminaires complets publiés mercredi, M. Ianoukovitch la devance de 3,48 points avec 48,95% des suffrages contre 45,47% des voix pour Mme Timochenko.

La présidentielle de dimanche a été globalement saluée par la communauté internationale et jugé «transparente et honnête» par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

M. Ianoukovitch a appelé mercredi sa rivale à donner sa démission et à passer dans l’opposition. Mais le bras droit de cette dernière, le vice-premier ministre Olexandre Tourtchinov, a rejeté cette possibilité. «Le gouvernement ne démissionnera que s’il y a un nouveau Parlement. Autant que je sache, il n’y a pas d’informations dans ce sens», a-t-il déclaré.