La coalition a indiqué qu'elle ferait tout son possible pour libérer Kim Sun-il, un interprète de 33 ans, l'otage sud-coréen menacé de décapitation lundi si son pays ne retirait pas ses troupes d'Irak. «C'est une affaire tragique et nous mettrons toutes nos ressources, militaires et de renseignements, au service de tout otage, pour le sauver, y compris ce gentleman de Corée», a affirmé le porte-parole de la coalition Dan Senor.

La chaîne Al-Jazira du Qatar avait diffusé dimanche une vidéo d'un groupe armé menaçant de décapiter l'otage sud-coréen si Séoul ne retirait pas ses troupes d'Irak. Sur ces images, les trois hommes armés apparaissant cagoulés autour de leur otage disent appartenir au groupe Tawhid wal jihad (Unification et guerre sainte) du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, lié à Al-Qaida. La Corée du Sud a décidé la semaine dernière d'envoyer 3000 soldats supplémentaires dans le pays, où elle a déjà 600 hommes, à compter du mois d'août.

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-moon, a lui aussi appelé hier à la libération inconditionnelle de l'otage et réaffirmé la volonté de son pays d'envoyer de nouvelles troupes en Irak. M. Kim est arrivé le 15 juin à Bagdad et a été pris en otage deux jours plus tard près de Falloujah, à l'ouest de la capitale irakienne. Il travaillait comme traducteur pour le groupe sud-coréen Gana Trading Company. L'ambassade de Corée du Sud à Bagdad a indiqué travailler à la libération de l'otage. Par ailleurs, une délégation officielle sud-coréenne est attendue mardi matin en Jordanie, dans le cadre des efforts mis en œuvre pour obtenir la libération de l'otage, selon l'ambassade à Amman. «Oui, c'est vrai. Une délégation spéciale va arriver demain (mardi) matin», a déclaré un diplomate sud-coréen, sous le couvert de l'anonymat. Cette délégation sera «composée de cinq ou six personnes […] du Ministère des affaires étrangères et d'autres (services) gouvernementaux», a-t-il ajouté.

Le Comité des oulémas musulmans, respecté parmi les sunnites, a aussi appelé à la libération de tous les otages en Irak, y compris le Sud-Coréen. Ce comité a joué un rôle dans la libération de nombreux otages étrangers durant la bataille de Falloujah, à l'ouest de Bagdad, en avril.

Quatre GI tués

D'autre part, a moins de dix jours du transfert de souveraineté aux Irakiens, la violence n'a pas connu de répit sur le terrain. Quatre soldats américains ont ainsi été tués lundi à Ramadi, dans le «triangle sunnite». A Bagdad, ce sont deux gardes nationaux irakiens qui ont été tués et 14 autres blessés dans une attaque à l'explosif. Enfin, quatre civils irakiens sont morts dans la région de Mossoul (nord) dans l'explosion d'une bombe destinée à des gardes de sécurité de la coalition. Quant au chef chiite radical Moqtada al-Sadr, il étudiait lundi l'invitation qui lui a été adressée pour participer aux travaux de la Conférence nationale appelée à désigner un Conseil national en dépit du mandat d'arrêt lancé contre lui.