C’est une fuite inédite dans l’histoire de l’Iran post-révolutionnaire. D’abord, parce qu’elle concerne un membre de premier plan du gouvernement: Mohammad Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères. Ensuite, parce que ses propos ont une cible d’habitude hors de portée des critiques: les Gardiens de la révolution, un Etat dans l’Etat qui ne répond qu’au guide suprême, Ali Khamenei.

La polémique a éclaté dimanche après la publication d’un enregistrement où le ministre livre le fond de sa pensée. La conversation, réalisée en février, visait à documenter l’administration du président sortant Hassan Rohani mais n’était pas destinée à être rendue publique. «Dans la République islamique, le champ militaire règne. J’ai sacrifié la diplomatie au profit du champ militaire», déplore Mohammad Javad Zarif.