Le guide suprême Ali Khamenei a voté, vendredi à 7h03 (5h33 en Suisse), à Téhéran pour la présidentielle iranienne, ouvrant officiellement le scrutin, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les bureaux de vote doivent fermer à minuit (19H30 GMT), mais le scrutin pourrait être prolongé de deux heures, a fait savoir le gouvernement.

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Coiffé de son turban noir, barbe poivre et sel et fines lunettes, Ebrahim Raïssi veille sur les automobilistes de Téhéran. Son visage s’affiche le long des avenues et aux principaux carrefours, d’imposants portraits ornent des façades d’immeubles. Favori de l’élection présidentielle du vendredi 18 juin, le chef de l’autorité judiciaire iranienne occupe seul l’espace urbain de la capitale aux côtés des figures tutélaires de la République islamique. Aucun signe, par exemple, de ses deux adversaires réformateurs – peu connus de l’opinion. Ceux qui auraient pu faire barrage dans les urnes à Ebrahim Raïssi, qui réunit derrière son nom la majorité des groupes conservateurs, ont de toute façon vu leur candidature écartée par le Conseil des gardiens de la Constitution. L’instance a verrouillé le scrutin.

«Les conservateurs dominent tout l’espace politique. Le parlement est déjà entre leurs mains et la présidentielle ne va faire que renforcer cette mainmise. Le courant réformateur va disparaître des institutions après cette élection», explique Mehdi Rahmanian, directeur général du quotidien réformateur Shargh. En février 2020, les conservateurs avaient ainsi largement remporté les élections législatives, marquées par une abstention record (57%) et sur fond, déjà, d’invalidation massive des candidats modérés et réformateurs. «Ils ont aligné le Soleil, la Lune et le ciel pour faire d’une personne en particulier le président», avait dénoncé le candidat modéré Mohsen Mehralizadeh lors d’un débat télévisé. S’il n’a pas nommé ce «ils», nul doute que le guide suprême Ali Khamenei, 82 ans, devrait renforcer son emprise sur le pays, après l’élection et dans l’optique de sa succession.