Proche-Orient

Iran-Israël: Moscou appelle à la retenue

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les frappes israéliennes contre des infrastructures iraniennes en Syrie ont fait au moins 23 morts

L’armée israélienne a frappé en représailles dans la nuit de mercredi à jeudi des dizaines de cibles militaires iraniennes en Syrie.

L’armée israélienne a frappé dans la nuit de mercredi à jeudi des dizaines de cibles militaires iraniennes en Syrie, en représailles à des tirs de roquettes attribués à l’Iran sur ses positions sur la partie du Golan occupée par Israël, selon un porte-parole. L’armée israélienne a rapidement assuré ne pas chercher «l’escalade» militaire avec l’Iran.

L’opération de la nuit, l’une des plus importantes de l’armée israélienne au cours des dernières années et la plus importante contre des objectifs iraniens, a visé la provenance des tirs de roquettes ainsi que des installations de renseignement, de logistique ou de stockage, a dit à des journalistes le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. Mais «nous ne cherchons pas l’escalade» militaire, a-t-il ajouté.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les frappes israéliennes contre des infrastructures iraniennes en Syrie ont fait au moins 23 morts. L’armée russe affirme elle qu’Israël a utilisé 28 avions et tiré 70 missiles sur des positions iraniennes.

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Des tirs des forces iraniennes en Syrie

Ces frappes israéliennes surviennent après les tirs d’une vingtaine de projectiles et roquettes par les forces iraniennes en Syrie en direction des forces israéliennes dans la partie du Golan occupé par Israël, selon l’armée israélienne.

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Ces projectiles, dont certains ont été interceptés par les systèmes de défense antimissiles israéliens, n’ont pas fait de victimes et l’armée israélienne a riposté, a indiqué par téléphone à des journalistes le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, sans préciser la nature de cette riposte.

Selon le porte-parole de l’armée, les roquettes ont été tirées peu après minuit (23 heures mercredi en Suisse) par des hommes de la brigade iranienne al-Qods sur les premières lignes de l’armée israélienne sur le Golan. «Nous savons que cela vient de la force al-Qods», a-t-il dit sans plus de précision. La brigade al-Qods est chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime iranien.

«L’armée israélienne considère cette attaque iranienne contre Israël avec une très grande sévérité», a-t-il dit.

«Il est demandé à la population de rester attentive aux instructions délivrées» par le commandement, a indiqué l’armée dans un communiqué séparé, précisant qu’aucune instruction particulière n’avait été donnée en dehors de celles diffusées mardi soir. L’armée avait alors demandé aux autorités de rouvrir et de préparer les abris.

Poutine cherche des solutions

Jeudi matin, Moscou a appelé l’Iran et Israël à «la retenue», faisant part de sa «préoccupation». «Nous avons établi des contacts avec chaque partie, nous les appelons toutes à la retenue», a indiqué aux agences de presse russes le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov. Ces frappes interviennent au lendemain d’une rencontre à Moscou entre le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Évoquant la situation au Moyen-Orient, M. Poutine avait estimé qu’elle était «malheureusement très grave» et déclaré vouloir «chercher des solutions» avec M. Netanyahou après le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien.

Ces événements interviennent dans un contexte de vives tensions israélo-iraniennes autour du théâtre syrien à la suite de plusieurs opérations attribuées à l’armée israélienne contre des intérêts iraniens en Syrie. Elles ont encore été avivées par les incertitudes autour de l’accord nucléaire conclu en 2015 par les grandes puissances avec l’Iran et dénoncé mardi soir par le président américain Donald Trump.

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Israël se tenait prêt depuis des semaines à une possible attaque iranienne venue de Syrie, attendue sous la forme probable de tirs de missiles, en représailles à de récentes frappes attribuées à Israël en Syrie, dans lesquelles des Iraniens ont été tués.

Mardi soir, un dépôt d’armes iranien près de Damas a été la cible d’une frappe qui a tué 15 combattants pro-régime étrangers, dont huit Iraniens, selon l’OSDH. L’opération, la troisième du genre en un mois, a de nouveau été imputée à Israël par le régime syrien.

Avant cette opération et au moment où Donald Trump se préparait à annoncer le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire, l’armée israélienne annonçait avoir repéré des activités iraniennes «inhabituelles» en Syrie et avoir placé ses forces en état d’alerte dans le Golan, face à l’éventualité d’une attaque iranienne.

Le lieutenant-colonel Conricus a dit qu’il était trop tôt pour déterminer si les tirs de roquettes de la nuit constituaient la riposte iranienne.

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