Le premier ministre irlandais, Enda Kenny, s’est déclaré optimiste quant à l’issue: «La tendance ici est clairement en faveur du oui, mais il faut attendre un peu pour avoir une tendance sur l’ensemble du pays», a-t-il indiqué depuis sa circonscription de Mayo, dans l’ouest de l’Irlande, sur la télévision publique RTE TV.

Des résultats partiels et non officiels, publiés sur le site du groupe de médias public RTE, donnaient une victoire confortable du oui sur la base de bulletins déjà dépouillés.

Le dépouillement a débuté à 8h00 TU (10h00, heure suisse) et le résultat est attendu dans l’après-midi. Aucune estimation sortie des unes n’a été réalisée et les indications reposent sur le comptage bureau par bureau.

Une source proche du gouvernement a indiqué à l’AFP que le oui l’emportait à 60/40, sur la base d’un échantillon «large» des votes de la veille. «Nous sommes persuadés que la marge sera confortable en faveur du oui», a-t-il ajouté.

Ce vote, le seul organisé dans l’Union sur le traité de discipline budgétaire, est regardé avec attention à Bruxelles et dans les autres pays européens. Il n’est pas susceptible d’entraver la mise en œuvre du pacte de discipline budgétaire, mais un non enverrait un signal négatif alors que la zone euro s’enfonce dans la crise.

Le gouvernement a martelé pendant la campagne qu’un vote négatif priverait l’Irlande du recours à de futures aides européennes. Le pays a bénéficié d’un plan de sauvetage du FMI et de l’UE de 85 milliards d’euros à la fin de 2010 pour éviter la faillite de son secteur bancaire.

De son côté, le camp du non dénonçait un «traité d’austérité» et espérait capitaliser la grogne des électeurs face à la cure de rigueur accompagnant la mise en œuvre du plan de sauvetage.

Un opposant au traité, le député socialiste Joe Higgins, a reconnu que «les premières indications semblent indiquer une victoire du oui», suivant en cela les sondages publiés avant l’ouverture des bureaux de vote.

La forte proportion d’indécis (un tiers) et surtout l’abstention avaient toutefois laissé planer le suspense.

Selon des estimations de la télévision irlandaise, seule la moitié des 3,1 millions d’électeurs ont déposé leur bulletin dans les urnes. Dans le passé, une faible participation a favorisé le non dans les référendums précédents en Irlande.

Les électeurs irlandais avaient rejeté les Traités de Nice puis de Lisbonne en 2001 et 2008, menaçant de bloquer l’ensemble du processus de construction européenne, avant de se raviser lors d’un scrutin de rattrapage.

Le pacte budgétaire, signé par les 27 membres de l’UE, sauf la Grande-Bretagne et la République tchèque, doit entrer en vigueur lorsque 12 pays de la zone euro l’auront ratifié. Il prévoit de respecter la «règle d’or» sur l’équilibre des comptes, sous peine de sanctions. Il a été ratifié jeudi par le Danemark, après la Roumanie, le Portugal, la Grèce et la Slovénie.