Dès la première minute du débat télévisé lundi soir, Leo Varadkar, le chef du gouvernement irlandais sortant, a tenté de le rappeler. «J’ai guidé le pays face au Brexit, l’un des principaux changements politiques depuis des décennies.» Mais son message est tombé à plat. Les deux autres candidats qui veulent prendre sa place n’ont pas mentionné le dossier. En Irlande, alors que les élections législatives ont lieu samedi, le Brexit est devenu un non-sujet.

Etonnant paradoxe. Le gouvernement de Leo Varadkar aurait dû chuter depuis longtemps. Son parti, le Fine Gael, ne dispose que d’une très courte majorité relative, avec 47 sièges au parlement (sur un total de 158). Il ne survit que grâce au soutien tacite, vote par vote, du Fianna Fail. Les élections avaient été évitées jusqu’à présent au nom du Brexit. Face au risque majeur de la sortie de l’Union européenne du grand et tumultueux voisin, il fallait présenter un front politique uni. Le leader du Fianna Fail, Micheal Martin, avait accepté d’éviter un scrutin pendant cette période d’incertitude.