Le gouvernement britannique a publié vendredi des directives en direction des universités pour lutter contre les extrémistes qui prêchent la haine et cherchent, selon lui, à recruter au nom de l'islam.

«Il y a des preuves sérieuses, mais pas à grande échelle, d'actions d'extrémistes islamistes dans des institutions de l'enseignement supérieur», a affirmé Bill Rammell. Le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur a insisté sur le fait que ces nouvelles directives «ne ciblaient pas une communauté en particulier», mais les autorités sont spécialement préoccupées par la radicalisation de jeunes musulmans britanniques depuis les attentats-suicides du 7 juillet 2005 à Londres, qui ont fait 56 morts et 700 blessés. Deux de leurs auteurs avaient fréquenté des universités du pays.

Selon un rapport du centre des études du renseignement et de la sécurité de l'Université de Brunel (Londres) paru l'an dernier, des groupes extrémistes, dont des organisations islamistes, sont actifs dans les universités de Grande-Bretagne. Son auteur, Anthony Glees, affirme que la menace est sérieuse. «On a découvert que les autorités universitaires ne sont pas au courant de l'existence d'activités subversives dans leur propre établissement», a-t-il affirmé. Il estime que des «groupes extrémistes» sont présents dans plus d'une vingtaine d'institutions du pays. «Leur nombre n'est peut-être pas très élevé, mais il n'y a pas besoin d'en avoir un grand nombre pour perpétrer des actes de terrorisme», a-t-il estimé.

Selon le cheikh Mousa Aboubakar Admani, aumônier musulman à la London Metropolitan University, des «groupes radicaux utilisent des vidéos dans lesquelles ils tentent de démontrer que les musulmans sont systématiquement des victimes. C'est comme ça qu'ils tentent de manipuler et dominer les jeunes les plus impressionnables.»

«Certains étudiants regardent des vidéos de djihad et peuvent écouter différents imams appelant au djihad», a expliqué Jawad Sayed au Sunday Times et à la BBC. Selon lui, les discussions portaient principalement sur l'actualité au Moyen-Orient et en Grande-Bretagne, mais toujours en termes d'affrontements avec l'Occident, de sorte à favoriser une atmosphère de haine.