Les relations sont passablement dégradées entre les Etats-Unis et Israël en raison du refus de M. Netanyahu de lâcher du lest sur la colonisation. Mais une avancée vers la paix «exige que toutes les parties, y compris Israël, fassent des choix difficiles mais nécessaires», a déclaré Mme Clinton devant le Congrès annuel de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis.

M. Netanyahu est attendu lundi soir à l’AIPAC, après un entretien avec Mme Clinton et avant un rendez-vous mardi à la Maison Blanche avec le président Barack Obama, tout auréolé de la réussite de sa réforme du système de santé.

Le chef du gouvernement israélien a accepté sous la pression américaine de faire des «gestes de bonne volonté» afin de relancer les négociations avec les Palestiniens.

Pour autant, le Premier ministre de droite n’a rien cédé sur un point capital: un gel de la colonisation à Jérusalem-Est, dont la communauté internationale ne reconnaît pas l’annexion en 1967. Les constructions israéliennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie nuisent au climat de confiance, au dialogue de paix et au rôle de médiation des Etats-Unis, a pourtant insisté lundi Mme Clinton.

La sérieuse crise diplomatique avec Washington a éclaté avec l’annonce de la construction de 1600 logements dans un quartier juif de Jérusalem-Est, en pleine visite du vice-président Joe Biden à la mi-mars.

«Le succès exceptionnel, sur le plan intérieur, du président Obama va lui donner plus de poids pour relancer les négociations» entre Israël et les Palestiniens, stoppées depuis la fin 2008, a estimé le ministre israélien des Affaires sociales Yitzhak Herzog. «Il est grand temps d’en finir avec la querelle avec Washington», a poursuivi ce ministre travailliste sur la radio militaire, soulignant l’importance des liens avec les Etats-Unis compte tenu de «la menace nucléaire iranienne».

En revanche, le vice-Premier ministre Sylvan Shalom, un proche de M. Netanyahu, a déploré qu’Israël «ait dû céder du lest uniquement pour permettre une rencontre avec Obama et le début de négociations indirectes avec les Palestiniens».

De son côté, l’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, s’est entretenu lundi à Amman avec le président palestinien Mahmoud Abbas pour tenter de lancer les négociations indirectes. Pour sa part, le négociateur palestinien Saëb Erakat a rejeté sur Israël «la responsabilité du blocage des négociations par sa politique de colonisation à Jérusalem et de provocation».

M. Netanyahu avait écarté dimanche toute concession sur la colonisation à Jérusalem-Est en répétant que «la politique de construction à Jérusalem est la même que celle qui prévaut à Tel-Aviv».

Il aurait toutefois accepté d’éviter dans l’avenir de mettre les Etats-Unis dans l’embarras par des annonces intempestives de plans de colonisation. Lundi, le ministre de l’Habitat, Ariel Attias, a renoncé à participer au lancement du chantier de 600 logements dans une implantation urbaine au nord de Jérusalem, en Cisjordanie occupée, selon la radio militaire.