Cette action intervient moins de 24 heures après l’annonce par Israël de la construction de 900 logements juifs à Jérusalem-est, qui a suscité une vive réprobation internationale, notamment des Etats-Unis, et vient placer un nouvel obstacle à une relance du processus de paix israélo-palestinien.

Ces maisons ont été démolies dans différents quartiers de Jérusalem-est au motif qu’elles ont été construites sans permis, a indiqué le Comité israélien contre les destructions de maisons (ICAHD), une ONG israélienne.

La première, située dans le quartier d’Issawiya, a été détruite sur ordre d’un tribunal, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police.

«Les habitants du quartier ont bloqué plusieurs routes menant à la maison et jeté des pierres sur la police. Aucune arrestation n’a eu lieu», a précisé Micky Rosenfeld.

Selon un photographe de l’AFP, des dizaines de policiers et de militaires, la plupart en tenue anti-émeutes, ont été déployés pour assurer la sécurité durant l’opération. Quelques échauffourées ont eu lieu, sans faire de blessés.

L’Autorité palestinienne a dénoncé cette action. «Au moment où Israël continue de construire plus d’implantations illégales, il démolit davantage de maisons palestiniennes dans Jérusalem-est occupée (...) et crée une situation d’apartheid de facto sur le terrain», a déploré le négociateur Saëb Erakat.

Dans le quartier de Silwan de Jérusalem-est, les autorités ont détruit les locaux d’une association de femmes et une baraque servant aux animaux, a précisé l’ICAHD.

La veille, deux autres maisons avaient été démolies à Jérusalem-est, selon l’ICAHD. Cette ONG précise qu’en un mois, la municipalité de Jérusalem a procédé à la démolition de dix maisons privant de toit près de 70 personnes.

Plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont appelé Israël à s’abstenir de procéder à de telles démolitions pour ne pas entraver le processus de paix.

Les Palestiniens de Jérusalem-est et les ONG de défense des droits de l’Homme accusent les autorités israéliennes de ne délivrer qu’au compte-gouttes les permis de construire et qu’en conséquence, ils sont acculés à construire illégalement.

Jérusalem-Est, où vivent quelque 200.000 Israéliens installés dans une douzaine de nouveaux quartiers ainsi que 270.000 Palestiniens, a été conquise durant la guerre de 1967 puis annexée.