Israël a rejeté mardi sur le cabinet palestinien dirigé par le mouvement islamiste Hamas la responsabilité de l'attentat-suicide de Tel-Aviv survenu la veille, sans engager de représailles à ce stade.

«Israël rejette la responsabilité de cet attentat sur le gouvernement du Hamas vu qu'il ne l'a pas condamné», a annoncé un haut responsable gouvernemental israélien à l'issue d'une réunion interministérielle. «Le gouvernement a donc décidé de retirer les cartes de résident israélien (de Jérusalem-Est annexée) à des membres du Hamas», selon la même source officielle.

Cartes d'identité retirées

Le premier ministre en exercice, Ehoud Olmert, a pris cette décision à la suite de consultations avec Shaoul Mofaz, Tzipi Livni et Gideon Ezra, respectivement ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de la Sécurité intérieure. Selon la radio publique, il a été décidé de retirer les cartes d'identité israélienne à trois députés du Hamas originaires de Jérusalem, Mohamad Abou Tir, Mohamad Totah et Ahmad Attoun.

Ces cartes de résident qu'Israël délivre aux 200000 Palestiniens de Jérusalem-Est les autorisent à séjourner dans la ville, à voter pour les élections municipales, à bénéficier des assurances sociales et à circuler librement, y compris en territoire israélien. Ahmad Attoun s'est élevé contre cette décision. «Il s'agit d'une expulsion forcée de Jérusalem. Cette mesure vise à vider la ville de ses habitants (palestiniens) et elle viole l'accord entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne sur la participation des Palestiniens de Jérusalem aux élections», a-t-il affirmé.

La radio a également indiqué que l'armée a obtenu un nouvel aval pour des opérations «d'éliminations ciblées» visant «tous ceux qui sont impliqués dans le terrorisme» y compris des responsables du Hamas et du gouvernement dirigé par ce mouvement islamiste.

L'attentat-suicide de Tel-Aviv, revendiqué par le Djihad islamique, un groupe radical, est le premier commis en Israël depuis l'entrée en fonction du gouvernement Hamas fin mars. Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a implicitement justifié l'attentat en affirmant mardi que «la poursuite de l'occupation et des agressions» israéliennes était à l'origine du cycle de violence dans la région.

Bush appelle à la retenue

Pour sa part, le président américain, George Bush, a appelé à la retenue Israël et toutes les parties au conflit israélo-palestinien. «Je déplore fermement la mort d'innocents et l'attaque perpétrée contre les gens en Israël hier, cela est injustifié et cela est inutile», a-t-il déclaré avant d'ajouter: «J'ai constamment rappelé à toutes les parties qu'elles doivent réfléchir à leurs actions, quelles qu'elles soient, et à leurs conséquences. Notre objectif est de parvenir à ce que deux Etats vivent en paix côte à côte.»

Selon des responsables militaires, l'armée israélienne a arrêté 38 Palestiniens, dont le père du kamikaze responsable de l'attentat de Tel-Aviv, dans les régions de Jénine et de Naplouse en Cisjordanie. Sur le terrain, la police israélienne était placée en état d'alerte renforcé par crainte d'autres attentats. Des renforts ont été déployés sur les routes autour de Jérusalem et le long de la «ligne verte», séparant la Cisjordanie du territoire israélien, ainsi que dans les centres-villes.

Parmi les victimes de l'attentat figurent six Israéliens ainsi qu'une touriste française de 75 ans et deux travailleuses immigrées d'origine roumaine. Trente-six blessés étaient hospitalisés mardi. Dans la bande de Gaza, des groupes armés palestiniens ont réclamé mardi des «excuses» au président palestinien, Mahmoud Abbas, à la suite de ses déclarations qualifiant de «méprisable» l'attentat de Tel-Aviv. Le communiqué est signé par les Comités de résistance populaire et par trois cellules des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé issu du Fatah, le mouvement de M. Abbas.

A l'étranger, l'attentat a été quasi unanimement condamné. Le gouvernement japonais a menacé de suspendre son aide économique à l'Autorité palestinienne, craignant que l'attentat de Tel-Aviv ne marque le début d'un regain de violence au Proche-Orient.