Proche-Orient

Israël et Gaza échangent à nouveau des roquettes

Les violences ont repris la nuit dernière entre le Hamas et l'armée israélienne. Des pourparlers étaient pourtant en cours pour tenter de faire baisser les tensions dans la région

Des dizaines de roquettes ont été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza dans la nuit de vendredi à samedi, après la mort de cinq Palestiniens lors d'accrochages avec l'armée. L'aviation israélienne y a riposté par une série de raids.

C'est la première fois depuis plusieurs mois qu'un aussi grand nombre de roquettes est tiré depuis l'enclave palestinienne. Cette recrudescence de la violence intervient alors que des pourparlers indirects sont en cours avec l'aide de l'Egypte pour tenter de réduire la tension entre Israël et la bande de Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste Hamas.

"Au cours de la nuit, des dizaines de roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza en direction de localités du sud d'Israël", a déclaré l'armée israélienne dans un communiqué publié tôt samedi matin. Elle a précisé peu après que 30 roquettes avaient été tirées. 

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Le système israélien de défense aérienne Iron Dome "a intercepté une dizaine de projectiles", a indiqué l'armée. "Deux projectiles sont tombés dans la bande de Gaza, les autres sont tombées dans des terrains non habités" en territoire israélien, a-t-elle précisé. Des médecins israéliens ont déclaré que sept civils étaient traités pour des états de choc.

Le chef de l'état-major de l'armée, le général Gadi Eisenkot, a tenu une réunion d'"évaluation de la situation" au quartier général de l'armée à Tel-Aviv avec la participation de hauts responsables du Shin Beth, le service israélien de sécurité intérieure.

Raids de ripostes

En riposte aux tirs de roquettes, des avions, des hélicoptères et des drones des forces armées israéliennes ont frappé "environ 80 objectifs appartenant au Hamas à travers la bande de Gaza", a annoncé l'armée. Il n'y a pas eu d'informations indiquant que ces raids aient fait des victimes.

Le Hamas n'a pas revendiqué les lancements de roquettes, mais Israël tient le mouvement islamiste pour responsable de tous les tirs partant de l'enclave dans la mesure où c'est lui qui la gouverne. "Les tirs de roquettes sont menés dans une atmosphère de terreur qui est créée par le Hamas", a déclaré l'armée.

Le Jihad islamique, deuxième en importance des groupes armés présents dans la bande de Gaza, a salué dans un communiqué les tirs palestiniens de roquettes, qui sont selon lui une réponse aux "agressions israéliennes". Il n'a toutefois pas revendiqué la responsabilité de ces tirs.

Manifestations

Dans la journée de vendredi, cinq Palestiniens âgés de 22 à 27 ans sont morts au cours de divers incidents survenus le long de la barrière qui marque la frontière entre le territoire israélien et la bande de Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Trois des Palestiniens ont été abattus à l'est de la ville de Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne, et un quatrième a été tué à l'est de Jabaliya, dans le nord de la bande, selon les autorités de Gaza. Un cinquième Palestinien est mort à l'est de Boureij, dans le centre de l'enclave, lorsqu'une grenade qu'il tenait a explosé accidentellement, selon des témoins.

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Concernant ces accrochages, l'armée a déclaré que quelque 16'000 "émeutiers et manifestants" s'étaient rassemblés près de la barrière frontalière. Une partie d'entre eux ont brûlé des pneus et lancé des pierres, des cocktails Molotov et des grenades sur des soldats israéliens, a-t-elle rapporté. Les troupes ont donc riposté avec "des moyens de dispersion d'émeute".

Les Palestiniens manifestent le long de la barrière frontalière au moins une fois par semaine depuis le 30 mars.

Droit au retour

Au moins 212 Palestiniens ont été tués par des tirs ou des raids israéliens depuis que ces manifestations ont commencé, selon un comptage effectué par l'AFP. Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien au cours de la même période.

Les manifestants réclament ce qu'ils appellent le "droit au retour" vers des terres situées en Israël et que des familles palestiniennes ont fuies ou dont elles ont été chassées pendant la guerre israélo-arabe de 1948, qui a suivi la proclamation l'année précédente de l'Etat d'Israël.

Les protestataires demandent également la levée du blocus qu'Israël impose à la bande de Gaza.

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