Les affrontements sanglants et les frappes aériennes se sont poursuivis entre les islamistes du Hamas établis dans la bande de Gaza et l'armée israélienne, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Sept morts en Israël

Peu après minuit, les alertes à la roquette ont repris dans le sud d'Israël, mais aussi dans la métropole de Tel-Aviv et, pour la première fois depuis le début de l'escalade lundi, jusque dans le nord.

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«En représailles au raid sur la tour Al-Shorouk et à la mort d'un groupe de dirigeants», le Hamas a lancé mercredi soir plus d'une centaine de roquettes vers Israël dont plusieurs ont été interceptées par le bouclier antimissiles «Dôme de Fer».

Ces nouvelles frappes ont fait passer à environ 1500 le nombre de roquettes tirées vers l'Etat hébreu depuis le début de la semaine par différents groupes armés. Et le bilan est passé à sept morts côté israélien, dont un enfant de six ans, Ido Avigal, et des centaines de blessés en un peu plus de deux jours.

Plus de 60 morts à Gaza

Pendant ce temps, l'aviation israélienne frappait des positions du Hamas dans la bande de Gaza, micro-territoire palestinien peuplé de deux millions d'habitants et sous blocus israélien, ciblant entre autres des locaux liés aux opérations de «contre-renseignement» du Hamas et la résidence d'Iyad Tayeb, un commandant du mouvement.

Le mouvement islamiste avait annoncé mercredi le décès du chef de sa branche militaire pour la ville de Gaza, la principale du territoire palestinien, tandis que les services de renseignement intérieurs israéliens ont annoncé le décès de plusieurs autres ténors de l'organisation. Le dernier bilan fait état de 67 morts à Gaza, dont 17 enfants, et près de 400 blessés.

Un lynchage en direct

Si l'Esplanade des Mosquées semble avoir retrouvé son calme jeudi, de nombreuses villes en Israël ont, elles, été le théâtre d'affrontements nocturnes. Des militants d'extrême droite ont manifesté à travers le pays, provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre, et parfois des Arabes israéliens. La police a indiqué «réagir aux incidents violents dans plusieurs villes, notamment Lod, Acre et Haïfa».

Et le pays accusait le choc de la diffusion, en direct à la télévision du lynchage d'un homme, considéré arabe par ses agresseurs, près de Tel-Aviv. Ces images insoutenables montrent un homme sorti de force de sa voiture puis roué de coups par une foule de plusieurs dizaines de personnes, jusqu'à ce qu'il perde connaissance.

«Ce qu'il se passe depuis ces derniers jours dans les villes d'Israël est insupportable... rien ne justifie le lynchage d'Arabes par des juifs et rien ne justifie le lynchage de juifs par des Arabes», a déclaré dans la nuit Benjamin Nétanyahou, disant qu'Israël était confronté à un «combat sur deux fronts».

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L'ONU poursuit ses tentatives

Face à l'intensification des combats, une troisième réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, publique cette fois-ci, est attendue vendredi. Lors des deux premières visioconférences, tenues à huis clos, les Etats-Unis se sont opposés à l'adoption d'une déclaration commune pour faire arrêter les affrontements, la jugeant «contre-productive» à ce stade, selon des diplomates.

Washington a toutefois annoncé l'envoi d'un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens pour exhorter une nouvelle fois à la «désescalade», tandis que Moscou a appelé à une réunion d'urgence du Quartet sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA, ONU).

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Mais le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, qui s'est entretenu au téléphone en soirée avec le président américain Joe Biden, a dit vouloir «continuer» à frapper et affaiblir les «capacités militaires» du Hamas.

En coulisses, l'ONU, le Qatar et l'Egypte s'activent pour faciliter une médiation, le chef de la diplomatie égyptienne ayant contacté son homologue israélien pour tenter en vain de le convaincre de cesser les frappes.