Israël a lancé des appels d'offres pour 2500 nouveaux logements dans ses colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à la veille de l'arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden, hostile à la poursuite de la colonisation en Territoires palestiniens contrairement à Donald Trump, a révélé une ONG locale.

La semaine dernière, le premier ministre Benyamin Netanyahou, en campagne électorale pour les législatives du 23 mars prochain, avait annoncé la construction de 780 nouveaux logements dans les colonies en Cisjordanie, une décision notamment critiquée par le secrétaire général de l'ONU.

Mais mardi les autorités israéliennes ont publié des appels d'offres pour des permis de construction totalisant 2572 autres unités, soit 2112 en Cisjordanie et 460 à Jérusalem-Est, partie orientale de la Ville sainte annexée par Israël mais dont les Palestiniens espèrent faire la capitale d'un futur Etat, a indiqué dans la nuit l'organisation La Paix Maintenant qui documente ce dossier.

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Le gouvernement du premier ministre Benyamin Netanyahou tente «d'étendre le plus possible les colonies jusque dans les dernières minutes avant le changement d'administration à Washington», a déploré l'organisation dans un communiqué. «Netanyahou signale au futur président (Joe Biden) qu'il n'a même pas l'intention d'accorder une seule minute de grâce à un nouveau chapitre des relations entre les Etats-Unis et Israël» ni de tenter de «résoudre le conflit avec les Palestiniens».

La «solution à deux Etats» préconisée par l'administration Biden

Le démocrate Joe Biden, qui doit succéder mercredi à Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale, voit d'un mauvais oeil l'expansion des colonies israéliennes considérées par l'ONU comme un obstacle à la résolution du conflit israélo-palestinien.

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Le futur ministre des Affaires étrangères de Joe Biden, Antony Blinken, a d'ailleurs déclaré mardi que la «solution à deux Etats» - un Etat palestinien aux côtés d'Israël - était la «meilleure» et «peut-être la seule» viable au conflit israélo-palestinien. En contrepartie, l'administration Biden n'entend pas revenir sur la décision de l'administration Trump de reconnaître l'ensemble de la ville disputée de Jérusalem comme la capitale de l'Etat hébreu, a précisé Antony Blinken.

450 000 personnes dans les colonies en Cisjordanie occupée

Depuis 2009, date du retour au pouvoir de Benyamin Netanyahou en Israël, la population dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a bondi de 50% selon les données des autorités israéliennes, avec un essor des approbations des mises en chantier sous le règne à Washington de son allié Donald Trump.

Aujourd'hui, plus de 450 000 personnes vivent dans les colonies en Cisjordanie occupée, en parallèle de 2,8 millions de Palestiniens. Et plus de 200 000 Israéliens vivent aussi des colonies à Jérusalem-Est, des implantations toutes jugées contraires au droit international par l'ONU.

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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait toutefois indiqué en 2019 que les Etats-Unis ne jugeaient plus les colonies comme contraires au droit international, un changement de politique alors célébré par Israël mais dénoncé par les Palestiniens. Un an après cette annonce, en novembre dernier, Mike Pompeo s'est rendu dans une colonie en Cisjordanie occupée, une première pour un chef de la diplomatie américaine.