«Le gouvernement va régulariser aujourd'hui le statut de (la colonie) de Havat Gilad pour y permettre la poursuite d'une vie normale», a dit Benjamin Netanyahu en ouverture du conseil des ministres. La motion au menu de la réunion prévoit la désignation de la colonie fondée en 2002 comme une «nouvelle communauté» dotée des permis de construction nécessaires et d'un budget public, selon le programme officiel.

Havat Gilad abrite une quarantaine de familles. Le 9 janvier, le rabbin Raziel Shevah, 35 ans, a été tué près de cette colonie, où il vivait. La semaine suivante, l'armée israélienne a tué un «suspect» palestinien à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, à environ 35 km au nord de Havat Gilad.

Appels à la «vengeance»

Pendant les funérailles du rabbin Shevah, des appels à la «vengeance» ont été lancés lors d'un discours du ministre de l'Education, Naftali Bennett, membre du parti nationaliste religieux Foyer juif. M. Bennett a répondu en affirmant que la seule vengeance devrait être de construire davantage de colonies.

Les colonies israéliennes sont considérées comme illégales en vertu du droit international et comme un obstacle majeur à la paix. Elles sont construites sur des terres que les Palestiniens considèrent comme faisant partie de l'Etat auquel ils aspirent.

Reconnaissance d'Israël menacée

Samedi, le Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a de son côté ouvert la voie à une suspension de la reconnaissance d'Israël, mais s'est abstenu d'en ordonner une application immédiate. Si elle était appliquée, cette mesure remettrait en cause l'un des principes fondateurs de l'effort de paix, déjà très mal en point avec les Israéliens.

Le Comité exécutif de l'OLP a annoncé la mise en place d'une commission chargée d'étudier cette question. Il a exhorté le président palestinien Mahmoud Abbas à «commencer immédiatement à préparer (...) les projets pour les étapes de désengagement avec le gouvernement israélien d'occupation, aux niveaux politique, administratif, économique et sécuritaire».

Le Comité se réunissait pour la première fois depuis que le conseil central de l'OLP, autre organe de cette organisation internationalement reconnue comme la représentante de tous les Palestiniens, a voté le mois dernier en faveur de la suspension de la reconnaissance d'Israël.

Parti pris pro-israélien

Les dirigeants palestiniens ont fermement condamné la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël.

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Les Palestiniens voient dans la décision étasunienne, en rupture avec des décennies de diplomatie internationale, un déni de leur revendications sur Jérusalem-Est annexée et occupée. Mais elle est aussi, à leurs yeux, la manifestation la plus flagrante du parti pris pro-israélien de la Maison Blanche.