Chaque samedi, c’est devenu un rituel. Juste avant qu’Israël ne sorte de la torpeur de shabbat, le jour chômé juif, de petits groupes accrochent des drapeaux noirs aux ponts qui enjambent les autoroutes, partout dans le pays. Depuis la fin mars, ces militants anti-corruption dénoncent les arrangements du premier ministre, Benyamin Netanyahou, jugé pour corruption et fraude, et qui a réussi à se maintenir au pouvoir à la faveur d’un accord avec son ancien rival, l’ex-candidat centriste Benny Gantz. Ces «anti-Bibi» de la première heure ont été rejoints ces dernières semaines par d’autres – des indépendants, petits commerçants ou professionnels du spectacle, parfois même des anciens électeurs de Netanyahou, aujourd’hui désemparés face à la crise économique. Désormais, à chaque fin de shabbat, ils sont des milliers, à Tel-Aviv, à Jérusalem et ailleurs, à demander que le gouvernement agisse, et vite. Ou démissionne.

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