Quand il a débarqué mercredi après-midi sur le tarmac de l’aéroport de Tel-Aviv, lunettes de soleil et tout sourire, Joe Biden était en terrain connu. C’est la dixième visite du président américain dans le pays – la première en tant que chef d’Etat. Voilà une semaine qu’Israël s’y préparait, les grands axes menant à Jérusalem ont été bloqués et la capitale pavoisée aux couleurs américaines. « Vous êtes un grand sioniste et l’un des meilleurs amis qu’Israël n’ait jamais connu », lui a lancé le Premier ministre intérimaire Yaïr Lapid, en l’accueillant. Les Israéliens, en plein marasme politique après l’effondrement de la coalition au pouvoir, craignaient que la crise ne fasse capoter cette visite tant attendue. En attendant les élections de novembre, les cinquièmes en quatre ans, M. Lapid a repris les rênes du pays. Un interlocuteur rassurant pour Washington : il est l’un des rares à faire figure de modéré sur une scène politique israélienne qui penche sérieusement à droite. Mais son pouvoir d’action est réduit.