«Une marche arrière sous la pression internationale.» C'est ainsi que le commentateur Raviv Drucker qualifie l'annulation par le gouvernement israélien de son projet d'implanter de 10000 à 15000 appartements destinés à des juifs dans un quartier arabe de Jérusalem proche des faubourgs de Ramallah (LT du 20.12.07).

Encouragé par le ministre du Logement, Zeev Boïm, ainsi que par les autorités municipales de la Ville sainte, ce projet devait être confié à des entrepreneurs privés qui l'auraient réalisé d'ici à dix ans.

L'affaire devait bien sûr rester secrète tant qu'elle en était au stade de la planification, mais la presse israélienne l'a révélée jeudi jusque dans les moindres détails. Le cabinet de Zeev Boïm et le vice-maire de Jérusalem chargé de la planification ont alors confirmé que le processus était lancé. De leur côté, le premier ministre Ehoud Olmert et sa ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, se sont déclarés «surpris», voire «ignorants» du projet. Qui a été annulé quelques heures plus tard.

«Après avoir condamné la décision israélienne de construire 309 appartements à Har Homa (ndlr: une colonie juive à l'entrée de Bethléem), la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a très mal réagi à cette information en forme de camouflet, indique Raviv Drucker. L'ambassadeur américain à Tel-Aviv a d'ailleurs exigé des explications circonstanciées. Etant donné le ton employé, il les a reçues rapidement. A trois semaines de l'arrivée de George Bush dans la région, les responsables israéliens ont compris qu'ils ne devaient pas jouer avec le feu.»

Quant à l'Autorité palestinienne, elle avait menacé d'interrompre les pourparlers avec l'Etat hébreu si le projet entrait dans une phase active. De l'avis des chroniqueurs de Ramallah, le président Mahmoud Abbas était cette fois décidé à ne pas se laisser faire.