Israël a détruit dans la nuit de lundi à mardi les logements de Ghassan Abou Jamal et Mohammed Jaabis dans le quartier de Jabal Moukaber, à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël. Israël a longtemps renoncé à cette forme de punition à Jérusalem même, tout en la pratiquant largement en Cisjordanie occupée.

Il l’a remise en vigueur à Jérusalem le 19 novembre 2014 sur instruction du premier ministre Benyamin Netanyahou. Israël avait alors fait sauter à l’explosif le logement d’Abdelrahmane Shalodi, qui avait tué une Equatorienne et un bébé de 22 mois dans une attaque à la voiture-bélier le 22 octobre, avant d’être abattu.

Effet pervers

A l’époque, alors que les tensions étaient déjà vives, des ordres de démolition avaient été délivrés contre plusieurs autres maisons. Le gouvernement les avait laissés en suspens depuis lors, peut-être dans l’attente d’un moment plus propice, ou à cause de la difficulté à les mettre en oeuvre, dans le chaudron du camp de réfugiés de Chouafat par exemple.

Les destructions sont censées donner à réfléchir aux auteurs d’attentats potentiels qui, s’ils ne craignent pas pour leur vie, pourraient penser à ceux qu’ils laissent derrière eux. Pour l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, les premières victimes des démolitions sont en effet les proches qui paient pour les agissements d’un autre. L’effet dissuasif de la mesure est contesté. Pour une partie de la communauté internationale, y compris l’allié américain d’Israël, elle ne fait qu’attiser les tensions.

Les responsables de la Défense semblaient partager ce point de vue en 2005 à la fin de la deuxième Intifada quand, après 664 destructions de maisons à travers les Territoires occupés au cours des années précédentes, ils avaient ordonné la fin des démolitions. Au lieu d’être dissuasives, elles poussaient les Palestiniens à perpétrer plus attentats, estimait l’armée.

En dehors de Jérusalem, elles ont cependant continué. L’armée israélienne a détruit en septembre dans le camp de réfugiés de Jénine la maison d’un homme présenté comme un responsable du Hamas, qu’elle avait libéré quelques jours plus tard.