Le Temps: Pourquoi publier un rapport aujourd’hui sur la situation dans la bande de Gaza? Y a-t-il du nouveau?

Antoine Grand: Cela fait deux ans qu’Israël a imposé un embargo sur la bande de Gaza, c’était en juin 2007, après l’accession au pouvoir des membres du Hamas. Nous sommes par ailleurs six mois après l’offensive israélienne lancée fin 2008 dans le territoire palestinien. L’idée est de rappeler que rien n’a changé. Au contraire, les conditions de vie se détériorent toujours plus. La longue descente des Palestiniens vers la misère se poursuit.

– Quelles sont les priorités?

– Des patients ayant des besoins urgents de traitement doivent parfois attendre dix mois pour avoir l’autorisation de sortir de Gaza et être soignés ailleurs. Des parents vendent leurs bijoux ou s’endettent pour envoyer leurs enfants à l’école. Des familles entières ont vu leurs maisons démolies durant l’offensive et n’ont aucun moyen, ni surtout aucun matériel, pour reconstruire. L’industrie est détruite à 96%. Le blocus affecte tous les aspects de la vie: santé, nutrition, équipements… Il y a un effet domino-cascade: les coupures d’électricité augmentent, les hôpitaux n’ont pas assez de carburants pour faire tourner les générateurs, les gens attendent des soins; tout est lié.

– Que demandez-vous?

– L’aide humanitaire existe, mais elle est insuffisante. Il faut reconstruire les maisons, les usines et les infrastructures, or le ciment ne rentre pas à Gaza, pas plus pour nous que pour les Nations Unies ou la population locale. Israël doit rouvrir les points de passage et lever l’embargo. Il est vrai que les problèmes sécuritaires existent, des roquettes tombent encore sur l’Etat hébreu, même s’il y en a moins. Pour régler tout cela, un accord politique est la seule solution et il doit être discuté entre l’Autorité palestinienne, le Hamas et Israël.

– Ce n’est pas la première fois que vous formulez cette requête. Pensez-vous vraiment qu’elle puisse être entendue?

– Garder espoir fait partie du travail du CICR!