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Le Président américain Barack Obama.
© GARY CAMERON

ONU/Proche-Orient

Israël-Palestine: l’ONU, la dernière arme de Barack Obama

Incapable de relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens au cours de ses deux mandats, le président américain pourrait déposer une résolution au Conseil de sécurité pour baliser le chemin vers un futur accord de paix. Une telle initiative produirait l’effet d’une bombe dans le contexte de la campagne présidentielle américaine

Osera-t-il? Barack Obama a œuvré à rétablir les relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, à conclure un accord sur le nucléaire iranien et à échafauder un accord historique avec la Chine sur le changement climatique. Ses initiatives pour relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens se sont en revanche soldées par de cuisants échecs. A neuf mois de la fin de sa présidence, des responsables de son administration témoignent de sa grande frustration. Ils ne cachent pas que la Maison-Blanche pourrait utiliser «l’option nucléaire» pour relancer le processus: le Conseil de sécurité des Nations unies. Le président américain pourrait promouvoir le dépôt d’une résolution «paramètres» visant à établir les conditions d’un accord de paix entre Israël et la Palestine.

En termes tactiques, ce serait une volte-face pour Barack Obama dont l’administration a jusqu’ici opposé son veto à toutes les résolutions critiques d’Israël. Qualifié parfois par ses adversaires de président le «plus anti-Israël dans l’histoire des Etats-Unis», il a pourtant bloqué plus que n’importe quel autre président des résolutions critiques de l’État hébreu. De Lyndon Johnson à George Bush fils en passant par Ronald Reagan, tous ont appuyé à l’ONU des dizaines de résolutions défavorables à Israël.

Dans une tribune libre publiée dans le New York Times, Lara Friedman, ancienne diplomate affiliée au mouvement Americans for Peace Now, l’opposition du gouvernement Obama à l’ONU n’était pas sur la substance. La Maison-Blanche ne souhaitait simplement pas empoisonner les relations avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou afin de créer un climat favorable à des négociations. Cette logique du ménagement a été balayée par le gouvernement Netanyahou, le plus à droite dans l’histoire du pays.

«La tactique d’Obama a été sans effet. Elle a peut-être même été contre-productive», relève Lara Friedman. La relation entre le président américain et le premier ministre israélien demeure exécrable. Sabotant à dessein le travail de négociation de l’administration démocrate dans le dossier nucléaire iranien, le chef du gouvernement israélien fut invité, à l’insu de la Maison-Blanche, à venir tenir un discours devant les deux chambres réunies du Congrès. L’affront, encouragé par des républicains prêts à tout pour discréditer Obama, restera dans les annales de la relation américano-israélienne comme une blessure qui aura de la peine à cicatriser.

Désormais, Barack Obama dont le gouvernement a soutenu l’appareil sécuritaire israélien plus que toutes les administrations précédentes (près de 3 milliards de dollars par an) pense davantage à son bilan qu’à ménager un Netanyahou qui s’est évertué à saboter son action au Moyen-Orient. Une résolution américaine adoptée par le Conseil de sécurité ne résoudrait pas le problème, mais pourrait remettre le processus sur de bons rails. Mais pour être suivie d’effets, elle devrait contenir des paramètres précis et ambitieux «L’établissement de principes clairs pourrait avoir un impact durable», estime l’ex-président Jimmy Carter, architecte des accords de Camp David.

Selon le Wall Street Journal, une telle résolution américaine exigerait des Palestiniens qu’ils reconnaissent Israël en tant qu’Etat juif et qu’ils renoncent au droit au retour des réfugiés palestiniens. Elle se référerait aux frontières de 1967 et prévoirait un échange de territoires dans le cadre d’une solution à deux Etats qui devient de plus en plus évanescente. Elle exigerait un gel des implantations en Cisjordanie ainsi qu’à Jérusalem-Est et mettrait sur la table le futur statut de la ville sainte. Il y a quelque temps, la France avait déposé une résolution dans ce sens. En vain.

Politiquement, une telle initiative de Barack Obama au Conseil de sécurité produirait l’effet d’une bombe. En septembre, à l’heure de l’Assemblée générale de l’ONU, les Etats-Unis seront dans les deux derniers mois de la campagne présidentielle. Israël demeure un sujet dont l’importance dans une campagne électorale outre-Atlantique est largement disproportionnée. Les républicains auront beau jeu de tirer à boulets rouges sur un président démocrate qui «trahirait» son allié Israël, mais aussi sur le ou la candidate démocrate à la Maison-Blanche. Lara Friedman, d’Americans for Peace Now, le pendant américain d’une organisation israélienne pour la paix, n’en démord pourtant pas: «En agissant ainsi, le président Obama ne trahirait pas Israël. Il serait au contraire son vrai ami.»

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