Son crime avait inspiré horreur et fascination dans le monde entier. Issei Sagawa, surnommé le «cannibale japonais» pour avoir assassiné et mangé une étudiante néerlandaise à Paris en 1981, est mort à l'âge de 73 ans.

Sagawa est décédé le 24 novembre d'une pneumonie, et des funérailles ont déjà eu lieu en présence de ses seuls proches, selon un communiqué transmis par l'éditeur d'une autobiographie de son frère Jun publiée en 2019. Aucune cérémonie publique n'était prévue, ajoute le communiqué.

Issei Sagawa était étudiant à Paris à l'université de la Sorbonne quand, le 11 juin 1981, il avait invité une camarade néerlandaise, Renée Hartevelt, à dîner dans son appartement. Là, il l'avait tuée d'un coup de carabine dans la nuque et violée avant de la dépecer et de manger différentes parties de son corps trois jours durant. «Manger cette fille, c'était une expression d'amour. Je voulais sentir en moi l'existence d'une personne que j'aime», avait-il confessé après son arrestation.

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Des experts attestant de sa maladie mentale, il avait bénéficié d'un non-lieu et avait été interné en France puis au Japon avant de recouvrer la liberté en août 1985.

Des livres et un documentaire

Devenu une star des médias, il recevait de nombreux journalistes dans son appartement de la banlieue de Tokyo. Il intervenait parfois à la télévision japonaise et avait publié plusieurs best-sellers comme Cannibale ou J'aimerais être mangé et dessiné un manga racontant son crime.

L'écrivain japonais Juro Kara avait remporté en 1982 le prestigieux prix littéraire Akutagawa pour son roman La lettre de Sagawa, consacré au crime.

Deux anthropologues avaient aussi réalisé en 2018 un documentaire à son sujet, titré Caniba, dans lequel Issei Sagawa affirmait n'être pas en mesure d'«expliquer» son acte. «C'est simplement mon fantasme. Je ne peux rien dire de plus précis», déclarait-il dans le film. «Les gens doivent penser que je suis fou.» Il décrivait son «obsession» comme «impossible à contenir», déclarant: «je voulais manger des fesses plus que tout au monde».

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Les réalisateurs du documentaire, Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, avaient dit avoir été «traversés» par une foule de «sentiments extrêmement conflictuels» au fil des mois passés dans l'intimité d'Issei Sagawa et de son frère Jun, adepte de l'automutilation. «On était dégoûtés, fascinés, on voulait comprendre...», précisait Verena Paravel, ajoutant qu'il s'agissait malgré tout d'un «film sur la fraternité, sur l'amour».