Libye

Issue incertaine de la bataille de Zawiyah

La ville côtière proche de Tripoli aux mains des insurgés a subi une attaque massive des forces loyalistes samedi. Personne ne criait encore victoire dimanche matin, alors que les journalistes sont tenus à l’écart.

Pendant toute la journée de samedi, les combats ont fait rage à Zawiyah, à 60 km à l’ouest de Tripoli où des insurgés se trouvent depuis 48 heures en état de siège. Les forces fidèles au colonel Mouammar Kadhafi, ont lancé une offensive massive pour reprendre le contrôle de la ville côtière, la plus proche de la capitale à être tombée aux mains de l’insurrection.

«Il y a eu de nombreux morts», a rapporté Alex Crawford, une journaliste de la chaîne de télévision britannique Sky News qui se trouve dans Zawiyah. Selon elle, les insurgés retranchés dans la ville encerclée disposent de chars, de canons antiaériens, de missiles antichars, de lance-grenades RPG et de fusils d’assaut. Le conseil militaire de dix membres à leur tête se compose d’officiers qui ont fait défection, dont un général, a rapporté la journaliste.

Dans l’attente d’une attaque, les insurgés avaient pris des positions autour de la place centrale de la ville. «Samedi à l’aube, cette attaque est arrivée, une colonne entière de chars a ouvert le feu depuis les abords de la place, puis a tenté d’y pénétrer. Des échanges de tirs se sont poursuivis pendant au moins trois heures sans interruption». Puis «les habitants ont pensé que les insurgés avaient repoussé l’armée et sont sortis de chez eux». La journaliste affirme avoir alors vu «au moins cinq chars capturés dont certains brûlaient encore». Après ces combats, des tirs se seraient poursuivis «de manière sporadique» pendant la plus grande partie de la journée.

Hormis quelques rares témoignages obtenus par téléphone d’habitants décrivant «un massacre» et une nouvelle offensive dans l’après-midi, rien n’avait filtré de ces combats. La propagande officielle avait annoncé dès vendredi la reprise de contrôle de Zawiyah. Un groupe de journalistes étrangers, dont un de l’AFP, a été détenu sept heures durant par l’armée pour avoir tenté de s’y rendre. Parti de Tripoli, le groupe a passé une demi-douzaine de barrages de contrôle, souvent renforcés par des chars et des batteries antiaériennes.

Les journalistes ont été conduits sous bonne escorte jusqu’au quartier général voisin d’Al-Nassiriyah où on leur a expliqué qu’ils ne pouvaient pas circuler librement «pour leur sécurité», les islamistes présentant un danger trop grand. «La place centrale est contrôlée par des hommes d’Al-Qaïda saouls», aurait affirmé un soldat, en écho au discours officiel selon lequel le réseau islamiste instrumentaliserait la révolte qui déchire la Libye depuis près de trois semaines.

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