Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Une peinture murale de Rome représentant Luigi di Maio et Matteo Salvini en train de s'embrasser. /AP /Andrew Medichini
© Andrew Medichini

gouvernement

En Italie, la Ligue et le M5S s'accordent sur un programme

Proposé par les partis anti-système, le nom du nouveau chef du gouvernement italien devra être validé par le chef de l'Etat, Sergio Mattarella

Les deux partis anti-système italiens, le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, ont trouvé un accord sur un programme de gouvernement et le nom du premier ministre, ont annoncé dimanche soir les médias. Luigi Di Maio, le leader du M5S, «a passé un bref coup de téléphone au secrétaire général de la présidence [de la République italienne] pour annoncer qu’ils [lui et le chef de la Ligue, Matteo Salvini] sont prêts dès aujourd'hui [lundi] à rendre compte de tout, y compris du nom du futur premier ministre», a indiqué l’agence AGI, citant des sources des deux partis.

Le nom du nouveau chef du gouvernement italien devra être validé par le chef de l’Etat, Sergio Mattarella, qui pourrait annoncer sa nomination en début de semaine. Ce sera «un politique et non un technicien», a indiqué Luigi Di Maio à l’issue d’une deuxième journée de tractations, à Milan (nord), avec son homologue d’extrême droite Matteo Salvini et leurs principaux lieutenants.

Les deux hommes doivent se voir de nouveau aujourd'hui à Rome, avant d’être reçus au Quirinal, le palais présidentiel. Un représentant du M5S, joint par l’Agence France-Presse (AFP), a indiqué que Luigi Di Maio tenait à réserver la primeur des informations sur le programme du futur gouvernement et le nom du chef du gouvernement au président de la République.

Lire aussi: Silvio Berlusconi serait à nouveau en piste

Plusieurs noms avancés par les médias

Selon les médias, le candidat pour diriger la troisième économie de la zone euro devrait être une «tierce personne» n’appartenant ni à la Ligue ni au M5S. Elle devra aussi faire autorité sur le plan international et être en mesure de rendre la tonalité eurosceptique du futur exécutif compatible avec Bruxelles.

Plusieurs noms étaient avancés dimanche par la presse transalpine: l’économiste Guido Tabellini, 62 ans, la diplomate Elisabetta Belloni, 59 ans, actuelle secrétaire générale du Ministère des affaires étrangères, Michele Geraci, 50 ans, professeur d’économie à la New York University de Shanghai, ou encore le président de la société italienne de construction navale Fincantieri, Giampiero Massolo, 63 ans.

En évoquant samedi la mémoire de son prédécesseur Luigi Einaudi, président de 1948 à 1955, Sergio Mattarella a souligné que son rôle «fut tout autre que celui d’un notaire», rappelant ainsi qu’il serait vigilant quant au respect de ses prérogatives, au premier rang desquelles figurent la nomination du chef du gouvernement et des ministres.

Lire aussi: L’Italie au bord d’une crise du système

Selon la Constitution italienne, les ministres sont nommés par le président de la République sur proposition du chef du gouvernement désigné. Il est de coutume que ce dernier accepte dans un premier temps la charge «avec réserve». Après une série de consultations pour former son équipe, il revient au palais présidentiel pour y être officiellement nommé.

Des compromis trouvés

Quelque 70 jours après les législatives, qui n’ont pas permis de dégager une majorité claire au parlement, la Ligue et le M5S ont trouvé des points de convergence pour former le premier gouvernement anti-système d'Italie, et même d'Europe occidentale.

Après avoir passé au crible une vingtaine de points, ils se seraient accordés sur la nécessité de revenir sur une réforme retardant progressivement l’âge du départ à la retraite. Il est actuellement fixé à 66 ans et sept mois, avant de passer à 67 ans en 2019. Il est probable que soit introduit le barème 100, à savoir la possibilité de quitter le travail lorsque la somme de l’âge et des années de cotisations est égale à 100 (par exemple 64 ans et 36 ans de cotisations).

Un compromis aurait aussi été trouvé sur un report à 2019 du revenu de citoyenneté, une idée forte du M5S, ainsi que sur une reconfiguration de la «flat tax» voulue par la Ligue. Selon le M5S, ce taux d’imposition unique de 15% pour les Italiens pèserait trop lourdement sur les comptes publics.

Le dossier le plus sensible est sans doute celui de l’immigration, «l’approche de la Ligue étant plus musclée que celle du M5S», selon le quotidien Il Corriere della Sera.

Pour la composition du gouvernement, Ligue et M5S doivent aussi s’entendre sur leurs poids relatifs: face aux plus de 32% obtenus par le M5S aux législatives, Matteo Salvini s’appuie depuis deux mois sur les 37% de la coalition de droite, mais la Ligue n’en a obtenu que 17%.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a