Dans le nord de l'Italie, environ 52 000 personnes d'une dizaine de villes se sont réveillées dimanche dans des zones où «ni l'entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière», comme l'a annoncé le Premier ministre Giuseppe Conte.

Fermeture des entreprises et des établissements scolaires, annulation d'événements culturels et sportifs, report de matches de foot: le gouvernement italien tente de mettre sous cloche une partie de la Lombardie et la Vénétie et de freiner l'épidémie.

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Foyer près de Milan

Plus de 100 cas sont désormais recensés en Italie, selon le président de Lombardie, pour qui «il faut des contrôles accrus aux frontières». «Les personnes contaminées en Lombardie sont au nombre de 89, dont un jeune en Valtellina», a-t-il déclaré dimanche à la télévision SkyTG24.

En Italie, il y a eu deux décès et treize personnes sont en soins intensifs, les autres présentant des symptômes légers ou sans symptômes. Samedi soir, le gouvernement a adopté un décret-loi très strict qui met à l'isolement 11 villes - 10 de Lombardie (région de Milan) et une proche de Padoue, en Vénétie.

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En Italie, le foyer se trouve à Codogno, une localité de 15'000 habitants près de Milan. Une équipe de l'AFP y a vu des rues étrangement désertes pour un samedi soir. «Nous avons tous peur, mais on croise les doigts, nous espérons que tout ira bien», lui a dit Rosa, une employée de pharmacie, seul type d'établissement autorisé à rester ouvert. Elle craint désormais «des problèmes de ravitaillement dans les prochains jours».

Carnaval annulé

«A partir de ce soir, nous avons prévu de stopper le Carnaval et toutes les manifestations sportives jusqu'au 1er mars», a précisé Luca Zaia, le président de Vénétie, sur la chaîne de télévision Sky TG24.

Le Carnaval de Venise qui avait débuté le 8 février, devait se conclure mardi. Il faut éviter «tous les rassemblements privés et publics», a expliqué le gouverneur de Vénétie, qui a également décidé «la fermeture de toutes les écoles jusqu'au 1er mars inclus.»

M. Zaia a expliqué «ces mesures draconiennes» par la volonté d'«éviter des problèmes» ultérieurs, alors que la Vénétie a enregistré vendredi soir le premier décès d'un Italien - et premier d'un Européen - sur le continent. Dans d'autres interviews, M. Zaia s'est dit «préoccupé» du fait que l'origine du foyer détecté dans sa région n'ait pas été trouvée. Des tests ont été effectués sur 8 ressortissants chinois ayant fréquenté le même bar que le premier cas mortel et n'ont rien donné.

La région a vu le nombre de cas d'infections au Covid 19 se multiplier ces derniers jours, d'abord autour du village de Vo' Euganeo, où est décédé vendredi un maçon à la retraite. Depuis dimanche, des cas ont été signalés à Venise même. Pour le moment, les chiffres officiels sont de 25 cas dont 19 à Vo'Euganeo.

Au total, la Protection civile a dénombré 132 cas de contamination en Italie, dont les deux décès et trois cas importés de Chine, ce qui fait de l'Italie le premier pays en Europe par le nombre d'infections.

La France se prépare

M. Conte a prévenu qu'il pourrait recourir à l'armée pour surveiller les points de contrôle. Le décret-loi pris samedi prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à trois mois de réclusion pour les contrevenants.

En Italie, pays européen le plus touché, il y a un total de 79 malades à ce jour, parmi lesquels trois cas de contaminations connues depuis des semaines, contractées hors d'Italie. Deux septuagénaires ont succombé à la maladie ces derniers jours.

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La France aussi se prépare à une possible «épidémie» de Covid-19, selon le ministre de la Santé Olivier Véran, qui se dit «attentif à la situation en Italie». Dans un entretien au journal Le Parisien, il estime «très probable» la possibilité de nouveaux cas en France.