Italie

En Italie, la résistance s’organise contre Matteo Salvini

La crise politique ouverte par le chef de la Ligue est freinée par une alliance inattendue du Parti démocrate et du Mouvement 5 étoiles, longtemps opposés pourtant

«Donnez-vous la paix», a lancé mercredi l’archevêque de Gênes, le cardinal Angelo Bagnasco, lors de la messe de commémoration de l’écroulement du pont Morandi, un an après le drame. Au premier rang, sous un hangar du chantier du nouveau pont en construction, quelques mètres seulement séparent le président de la République, Sergio Mattarella, le premier ministre, Giuseppe Conte, le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, et son homologue au Développement économique, Luigi Di Maio. Le casting de la crise politique italienne est au complet. Se sont-ils serré la main en signe de paix? Au moment où le leader de la Ligue tend la sienne, le réalisateur de la télévision publique choisit de montrer un autre plan…

Des bâtons dans les roues

Grand maître d’orchestre lorsqu’il a ouvert les hostilités la semaine dernière, Matteo Salvini se retrouve désormais freiné par un président de la République réticent à des élections anticipées, un président du Conseil bien décidé à institutionnaliser la crise et un ancien partenaire de coalition prêt à tout pour lui barrer la route, quitte à se rapprocher de l’ennemi juré. Une majorité inattendue a en effet rejeté la requête de la Ligue de voter la motion de défiance au gouvernement de Giuseppe Conte mercredi, au lendemain du vote au Sénat. Les voix réunies du Mouvement 5 étoiles (M5S) et du Parti démocrate (PD) ont permis à la scène politique italienne de respirer une semaine. Le premier ministre sera entendu par le Sénat le 20 août et par la Chambre des députés un jour plus tard.