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Antonio Tajani, président du Parlement européen et candidat soutenu par Silvio Berlusconi pour le prochain gouvernement italien, en campagne samedi au stade olympique de Rome
© ALESSANDRO DI MEO

Elections

En Italie, les urnes de l’inconnu

Les Italiens renouvellent ce dimanche leur parlement. La coalition de centre droit de Silvio Berlusconi est favorite. Mais le vote est incertain. Il devrait voir la poussée des populismes et risque de ne pas aboutir sur une majorité stable

Le scénario catastrophe est imaginé par la presse transalpine depuis janvier. La campagne électorale est alors officiellement lancée depuis le début de l’année, après que, fin décembre, les chambres ont été dissoutes et la date des élections législatives choisie, ce dimanche 4 mars. Et si tout le monde gagnait? Tous sauf l’Italie, qui pourrait se réveiller lundi sans perdant et, surtout, sans le dessin d’une majorité claire en vue de la formation d’un gouvernement.

Quelque 51 millions d’électeurs doivent désigner leurs nouveaux parlementaires. Les bureaux de vote ouvrent à 7h pour fermer à 23h. Les Italiens votent avec une nouvelle loi électorale, votée l’an dernier. Le «Rosatellum bis», du nom d’un élu démocrate, propose un système mixte. Un tiers des candidats sont élus dans des collèges uninominaux, les deux tiers restant au proportionnel.

Lire aussi: L’Italie va mieux, les Italiens en doutent

Coalition favorite

Silvio Berlusconi serait le premier à se déclarer vainqueur. La coalition dite de centre droit qu’il mène avec la Ligue de Matteo Salvini et Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, deux formations d’extrême droite, est donnée gagnante. Les derniers sondages, interdits de publication à deux semaines du scrutin, lui accordaient quelques 35% des intentions de vote.

Certains de remporter les élections générales, les leaders alliés de la droite ne sont cependant pas d’accord sur la personne à indiquer comme prochain président du Conseil. Le Cavaliere ne peut pas se porter candidat, car condamné pour fraude fiscale en 2013. La loi lui interdit tout rôle institutionnel jusqu’en 2019. Il a donc choisi Antonio Tajani, son ancien porte-parole en 1994 aujourd’hui président du Parlement européen. Matteo Salvini rejette cette figure, s’étant porté lui-même candidat au poste de premier ministre. Le secrétaire de la Lega vise ainsi à dépasser le parti du magnat de la presse, Forza Italia, pour lui ravir le rôle de leader du centre droit italien. La première formation de la coalition pourra en effet choisir, en cas de victoire, le candidat président du Conseil.

Le gouvernement du M5S

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) serait le deuxième vainqueur. Tout indique qu’il deviendra à l’issue du vote le premier parti d’Italie. Il est crédité de 28% dans les derniers sondages. Or, à cause de la nouvelle loi électorale favorisant les coalitions, qu’il a toujours rejetées, une nette victoire ne se traduirait pas dans les deux Chambres. Mais la formation anti-système, fondée il y a bientôt dix ans par l’humoriste Beppe Grillo et transformée par son jeune chef politique, Luigi Di Maio, en force de gouvernement, a appelé les autres partis à soutenir son programme au coup par coup, selon les affinités d’une liste de propositions s’inspirant à gauche comme à droite. Certain de sa victoire, le M5S a déjà formé un exécutif présenté au public à quelques jours des élections.

Notre éditorial: En Italie, les élections de la peur

Le troisième à revendiquer la victoire serait, enfin, le Parti démocrate (PD, centre gauche). La formation au pouvoir menée par l’ancien président du Conseil Matteo Renzi pouvait il y a encore quelques semaines espérer remporter en tant que parti le plus grand nombre d’élus. Or les intentions de vote pour les démocrates ont baissé jusqu’à 22%. Le secrétaire du parti espère obtenir un quart des voix pour atteindre le score de 2013, lorsque le PD était encore uni. Aujourd’hui, il se trouve concurrencé sur sa gauche par Liberi e Uguali (libres et égaux), menée par Pietro Grasso, l’ancien président du Sénat, et soutenue par l’ancien premier ministre Massimo D’Alema et l’ancien secrétaire du PD Pier Luigi Bersani, tous ayant quitté le Parti démocrate considéré désormais comme le parti de Renzi.

Une coalition de populistes?

Au terme du vote, il reviendra au président de la République, Sergio Mattarella, d’indiquer la personne chargée de former le prochain gouvernement. Celle-ci devra être la plus apte à conquérir une majorité au parlement. Les scénarios dessinés ces dernières semaines sont aussi nombreux que l’issue du vote est incertaine. Un pays mené par Antonio Tajani ou par Matteo Salvini si le centre droit remporte la majorité? Ou par Luigi Di Maio et ses cinq étoiles? Une coalition de populistes réunissant le M5S et la Ligue est aussi une possibilité avancée par les politologues si personne n’atteint la majorité, bien que les intéressés démentent, tout comme le retour d’une alliance entre Matteo Renzi et Silvio Berlusconi, qui avait déjà tenu un an durant en 2014. Un retour aux urnes, enfin, est peu probable, bien qu’évoqué par Silvio Berlusconi notamment.

«C’est un monde à l’envers, s’est alarmé samedi le Corriere della Sera. Les partis traditionnellement de gouvernement émettent l’hypothèse d’être dans l’opposition, alors que les forces considérées comme anti-système annoncent sans hésitation leur ascension au Palais Chigi [siège du président du Conseil des ministres].» Le quotidien ajoute, le jour du silence électoral: «Le risque aujourd’hui est d’avoir un parlement composé seulement d’oppositions.» Les Italiens ont toutes les cartes en main pour se décider. La première inquiétude et principale inconnue de ces élections législatives n’est pas de savoir à qui ils donneront leur voix, mais s’ils se déplaceront aux urnes. Plus d’un tiers des électeurs seraient encore indécis. La participation avait atteint plus de 75% lors du dernier scrutin national en 2013.

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