Dans les locaux du Centre national du rugby à Marcoussis, près de Paris, les 32 participants à la table ronde ivoirienne s'entraînent… au sprint. Il ne leur reste plus que trois jours pour aboutir à un accord censé mettre fin aux hostilités qui déchirent le pays depuis le 19 septembre dernier. Vendredi, le président Laurent Gbagbo sera reçu par Jacques Chirac qui s'efforcera de lui faire accepter le compromis auquel seront parvenus les représentants des rebelles et des partis politiques. Les deux hommes devraient s'entendre sur le nom d'un premier ministre à même de diriger le gouvernement d'union nationale qui pourrait être mis en place. Un sommet de chefs d'Etat africains devrait ensuite avaliser le tout. Les négociateurs réunis à Marcoussis n'ont pas chômé depuis mercredi dernier. Malgré quelques péripéties comme la tentative de corruption démasquée à laquelle s'est livré un délégué du président Gbagbo en remettant à chaque rebelle une enveloppe contenant 3000 euros, les discussions ont avancé. Des accords ont été obtenus sur les points sensibles tels que les problèmes «d'ivoirité», de «nationalité» ou de droits fonciers. De la même façon la réforme de la Constitution, qui a permis d'écarter le principal opposant, Alassane Ouattara, serait en passe d'être réglée. L'urgence d'une solution n'est pas seulement liée à la Conférence des chefs d'Etat africains. Sur le terrain la situation de crise commence à déborder. Mardi le président burkinabé Blaise Compaoré a tenu des propos très violents dans Le Parisien sur Laurent Gbagbo, à qui il promet un «tribunal international» pour les exactions commises par ses troupes. Mais c'est du Liberia que les nouvelles sont plus inquiétantes. La radio privée du président Charles Taylor a, ironie du sort, dénoncé dimanche soir «l'agression caractérisée» dont aurait été victime son pays alors que la présence d'éléments libériens en Cote d'Ivoire est avérée.