Politique française

Jacques Chirac, à l’aise en Suisse comme sur la scène internationale

En Suisse, l’ancien chef d’Etat laisse le souvenir d’un homme politique hors pair et fin diplomate, malgré une grosse bévue. Il recevait chaque année à Paris le président de la Confédération

Jacques Chirac s’est souvent rendu en Suisse. Parmi ses voyages, une seule visite d’Etat, en 1998. C’est le président de la Confédération d’alors, le démocrate-chrétien Flavio Cotti, qui le reçoit. S’affichant complices, ils traversent ensemble le lac Majeur en bateau. Deux ans auparavant, Jacques Chirac ignore complètement qui est Flavio Cotti. «Qui est ce monsieur?» lâche-t-il, micro ouvert, à l’un de ses conseillers, pendant un discours à Genève, alors que le conseiller fédéral est président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Une boulette demeurée culte. En 1998, la mémoire lui est fort heureusement revenue. Devant la presse, il loue le modèle helvétique, le qualifiant «de pays au monde qui a le mieux réussi», avec lequel la France «a l’impression de parler entre amis».

Retour en images sur la carrière de Jacques Chirac

Habile tacticien, l’ancien président français a toujours été à l’aise sur la scène internationale. Notamment, lors de son second mandat (2002-2007), largement consacré aux visites à l’étranger. «C’était un homme chaleureux, affectueux», se souvient François Nordmann, ambassadeur de Suisse en France durant cette période. Et de saluer «un homme dont on peut apprécier l’action diplomatique, qui recevait chaque année le président de la Confédération pour un entretien à Paris».

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«Un radical-socialiste»

Si sa passion pour le Japon était de notoriété publique, son goût pour Genève l’est moins. Il appréciait pourtant la ville pour son rôle diplomatique et international… et sa diaspora française, bien entendu. «J’ai connu Jacques Chirac dès ses tout débuts, raconte l'ancien conseiller d'Etat genevois Guy-Olivier Segond, proche du Corrézien. Nous nous sommes côtoyés quand il était maire de Paris et président de l’Association des maires francophones, j’étais son vice-président.» Lui retient un «homme jovial, avec une grande culture, même s’il ne la mettait pas en avant».

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Et son héritage politique? «Il y a plusieurs Chirac», avance Sébastien Leprat. En 1995, l’ex-collaborateur d’Eveline Wildmer Schlumpf (PBD), alors étudiant en France, a fait campagne pour le RPR de Jacques Chirac: «Il y a celui du début, ambitieux, fougueux, très à droite; il y a le Chirac très libéral, celui des privatisations de 1986; puis le Chirac de 1995, qui était fondamentalement radical-socialiste, c’est-à-dire attaché à l’Etat mais aussi aux libertés individuelles.» Si on lui avait collé l’étiquette de socialiste, fût-elle radicale, Chirac aurait sans doute recraché sa Corona.

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